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Société

Calais : le Conseil d'Etat valide les mesures d'aides aux migrants

lundi 31 juillet 2017 à 12:33 Par Mooréa Lahalle, France Bleu

Le Conseil d'Etat a rejeté ce lundi les appels du ministre de l'Intérieur et de la ville de Calais contre une ordonnance du tribunal administratif de Lille. Ce dernier ordonnait aux pouvoirs public l'installation de points d'eau et de sanitaires à disposition des migrants.

Le nombre de migrants à Calais, actuellement entre 400 et 700 personnes selon une estimation citée par le rapporteur public, a beaucoup augmenté ces dernières semaines.
Le nombre de migrants à Calais, actuellement entre 400 et 700 personnes selon une estimation citée par le rapporteur public, a beaucoup augmenté ces dernières semaines. © AFP - PHILIPPE HUGUEN

Le Conseil d'Etat a rejeté ce lundi les appels du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et de la mairie de Calais contre une ordonnance les obligeant à mettre en place des accès à l'eau pour les migrants, évoquant une "carence" des autorités. Une victoire pour les associations qui dénoncent les conditions de vie déplorables que subissent les migrants.

Les migrants victimes de traitement "inhumains et dégradants"

Saisi en référé par onze associations et une cinquantaine de migrants, le tribunal administratif de Lille avait écarté le 26 juin la création d'un nouveau centre d'accueil d'urgence pour les migrants à Calais. Mais il avait ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d'eau et de sanitaires. Il avait également rappelé aux autorités l'obligation de laisser les associations distribuer des repas.

Le Conseil d'État avait alors jugé que les conditions de vie des migrants révélaient "une carence des autorités publiques, qui est de nature à exposer les personnes concernées à des traitements inhumains ou dégradants et qui porte donc une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".

Un "retour à la normale" souhaité par la ville de Calais

Le ministère de l'Intérieur, Gérard Collomb et la ville de Calais avaient fait appel de cette décision devant le Conseil d'Etat. Ils redoutaient que les mesures ordonnées créent de nouveaux points de fixation conduisant à la réinstallation de campements sauvages, à l'image de la "Jungle", gigantesque bidonville apparu au printemps 2015 et démantelé en octobre 2016 par les autorités. "La commune a tout essayé : centres ouverts, campements, bâtiments modulables, lieux de distribution de repas, mais rien n'a fonctionné", a plaidé l'avocat de Calais, en priant les juges d'épargner à la ville "la situation d'épouvante qu'elle a déjà subie".

Le premier adjoint au maire de Calais, Emmanuel Agius, avait souligné que "les Calaisiens ont aussi des droits", avant de conclure : "aidez-nous à retrouver la normalité que l'on réclame depuis neuf ans".

Le nombre de migrants en augmentation à Calais

Le nombre de migrants à Calais, actuellement entre 400 et 700 personnes selon une estimation citée par le rapporteur public, a beaucoup augmenté ces dernières semaines. "Aujourd'hui, il n'y a pas d'hébergement du tout, plus de tente, plus d'abri, pas de point de fixation, les migrants sont éparpillés dans la ville et vont s'installer pour une nuit là ou ils peuvent, dans un coin de rue, un parc", a expliqué à la presse Mehdi Dimpre, du collectif "Le réveil voyageur" de Calais, la semaine dernière.

A l'occasion d'une visite dans un centre d'hébergement provisoire pour les réfugiés d'Orléans jeudi dernier, le Président Emmanuel Macron a évoqué différentes propositions afin d'améliorer la vie des migrants. Le Président a notamment annoncé qu'il ne voulait plus voir aucun migrant "dans les rues ou dans les bois" d'ici la fin de l'année 2017 ainsi qu'une réduction de 18 à six mois des délais d'examen des demandes d'asile.