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Société

Calais : quatre associations accusent la police de violenter les bénévoles qui aident les migrants

mercredi 8 août 2018 à 16:31 Par Anne-Claire Gauchard, France Bleu Nord et France Bleu

Après huit mois d'enquête auprès d'une trentaine de bénévoles, des associations d'aide aux migrants ont remis ce mardi un rapport au Défenseur des Droits. Le texte recense près de 670 cas de harcèlement ou de violences policières dont seraient victimes les bénévoles à Calais et à Dunkerque.

Le rapport met principalement en cause les CRS
Le rapport met principalement en cause les CRS © Maxppp - JEAN-PIERRE BRUNET

Calais, France

Dans ce rapport remis mardi au Défenseur des droits, l'Auberge des migrants, Utopia 56, Help Refugees et Refugee Infobus pointent du doigt les intimidations, le harcèlement et même les violences policières dont seraient victimes leurs bénévoles à Calais et Dunkerque.

Si les associations dénoncent régulièrement des "violences policières" envers les migrants, c'est la première fois qu'elles publient un document centré sur le harcèlement qu'elles disent subir.

Depuis le 1er novembre 2017 - un an après la démolition de la Jungle de Calais - les associations ont recensé 666 incidents rapportés par une trentaine de leurs bénévoles. Le rapport évoque 104 cas (16%) de violences verbales, des insultes ou des menaces de détention par exemple. Le texte recense aussi 37 cas (5%) de violences physiques : des volontaires poussés au sol ou des téléphones portables arrachés. 

"Dans un cas particulier, une bénévole a été agrippée à la gorge", explique Eléonore Vigny de l'Auberge des Migrants. 

"C'est aussi une femme qui témoigne qu'elle a été attouchée pendant sa palpation de sécurité par l'officier qui la contrôlait". 

Les associations évoquent aussi la confiscation de leur matériel, des contrôles d'identité à répétition, une surveillance constante des bénévoles qui sont régulièrement filmés ou pris en photo par les policiers. Une surveillance, disent les volontaires, qui dissuadent les migrants de se rendre aux distributions de nourriture et de vêtements.

Selon les chiffres officiels,  il y a aujourd'hui 350 à 400 migrants dans le Calaisis. - Aucun(e)
Selon les chiffres officiels, il y a aujourd'hui 350 à 400 migrants dans le Calaisis.

Ces accusations sont rejetées en bloc par le préfet du Pas-de-Calais. Dans un communiqué, Fabien Sudry assure que "les interventions des forces de l'ordre sont menées dans un cadre déontologique strict, sous contrôle de la hiérarchie". Et que "les rares plaintes déposées ou les signalements auprès de l'IGPN (l'inspection générale de la police nationale) n'ont conduit jusqu'à présent à aucune condamnation ou mise en accusation d'un policier pour des violences sur des membres d'associations, pas plus que sur des personnes migrantes".

Même discours de la part de la maire LR de Calais. Natacha Bouchart reproche aux associations d’agir à des fins «purement médiatiques et politiques».