Société

Calais : un mur végétalisé doit empêcher les réfugiés d'approcher les camions

Par Martin Cotta, France Bleu Nord et France Bleu lundi 8 août 2016 à 6:30

Le mur végétalisé prolongera le grillage blanc de long de la route
Le mur végétalisé prolongera le grillage blanc de long de la route © Radio France - Martin Cotta

La construction d'un mur végétalisé, à Calais, doit commencer dans les prochaines heures. Son but : empêcher des réfugiés de s'accrocher aux camions qui affluent vers le port pour se rendre en Grande-Bretagne.

Les travaux de débroussaillage commencent cette semaine le long de la rocade portuaire à Calais. Ce mur végétalisé est censé empêcher les réfugiés "d'assaillir" les camions partant pour le Royaume-Uni, disent les acteurs favorables à cette construction. C'est le gouvernement britannique qui finance la totalité du mur : 2,7 millions d'euros.

"J'ai besoin d'aller en Angleterre"

Dans la jungle de Calais, l'annonce a découragé certains réfugiés à se rendre en Angleterre comme Rachid. "C'est une mauvaise solution. Je vais demander mes papiers à la France du coup...je vais le faire" explique le garçon de 19 ans. Pour d'autres réfugiés c'est l'inverse. Le mur vidéo surveillé, de 4 mètres de haut, ne décourage pas Erfan : "Moi j'ai besoin d'aller en Angleterre. Comment je fais pour y aller ? Nous essaierons en ou en bateau" déclare ce Soudanais de 30 ans.

Pour Jean-Claude Lenoir, président de Salam un collectif de soutien d'urgence aux réfugiés, ce n'est pas ce mur végétalisé qui empêchera les réfugiés d'approcher les camions. C'est surtout beaucoup d'argent dépensé. "On a bien vu les grilles de six mètres de haut payées par les Anglais déjà. Ils veulent se donner bonne conscience. On a bien vu les terrains inondés au mépris de la nature par Eurotunnel et cela n'a rien changé. À part, peut-être, une prise de risque supérieure des migrants et avec un nombre de morts croissant" analyse Jean-Claude Lenoir.

D'après des associations, il y a cet été près de 6.000 réfugiés dans la jungle de Calais - Radio France
D'après des associations, il y a cet été près de 6.000 réfugiés dans la jungle de Calais © Radio France - Martin Cotta

Protéger le port de Calais, c'est-à-dire, le premier port de trafic passager en France, c'est l'objectif du sous-préfet. "Le protéger de jour et de nuit puisque nous avons, actuellement, une diminution du trafic sur le port liée à ces intrusions" d'après Vincent Berthon. La semaine dernière, 51 migrants ont sauté sur un camion sur la nationale 216, direction l’Angleterre.

Troncs d'arbres, caddies et matelas jetés sur la route

Ce mur, sur la route de Gravelines, c'est l'idée notamment du président du Port de Calais : Jean-Marc Puisseseau. Le 9 décembre 2015, le projet est évoqué lors d'une réunion avec les équipes du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "Les migrants aujourd'hui, trouvant de nouvelles astuces pour bloquer les camions, jettent chaque nuit des troncs d'arbres, des branchages, des matelas enflammés, des caddies sur l'autoroute pour faire arrêter les camions et à ce moment-là les assaillir et les monter" explique Jean-Marc Puissesseau.

Chaque année, 1,9 million de camions environ passent par le port de Calais. "Des gens qui sont là [à Calais, ndlr] parce qu'ils ont des problèmes dans leur pays, viennent créer des problèmes dans leur pays. C'est inadmissible. On peut comprendre qu'ils soient en France, on peut comprendre qu'ils veulent aller en Angleterre, mais on ne peut pas comprendre que des réfugiés viennent spolier un outil de travail qui s’appellent le port" termine le président.

"On ne peut pas comprendre que des réfugiés viennent spolier un outil de travail qui s’appellent le port"