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Des salariés du Carrefour de Cap Saran en grève : "on n'est plus des humains, on est des heures"

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Par , France Bleu Orléans

Manque de personnel et matériel vieillissant : voilà les raisons de la colère des salariés du Carrefour de Cap Saran, ce samedi. Réunis à l'appel des syndicats CFDT et Force Ouvrière, ils étaient une cinquantaine à se relayer pour faire pression sur la direction.

Une cinquantaine de salarié ont fait grève au Carrefour de Cap Saran ce samedi
Une cinquantaine de salarié ont fait grève au Carrefour de Cap Saran ce samedi © Radio France - Cécile Da Costa

"Carrefour en grève", "salariés en colère" : deux banderoles sont accrochées à l'entrée du Carrefour de Cap Saran ce samedi. Depuis 7h30 du matin, une cinquantaine de salariés répondent à l'appel de leurs syndicats CFDT et Force Ouvrière

Au rythme d'une sono, ils arpentent les allées de l'hypermarché pour faire entendre leur mécontentement, puis reviennent assurer le piquet de grève à l'entrée. Le but de cette mobilisation est de protester contre les conditions de travail.

Le problème, expliquent les salariés, c'est le manque de personnel : "il nous manque des bras", regrettent Mélodie et Isabelle, en distribuant des tracts aux clients. "Les gens qui partent en arrêts de travail ne sont pas remplacés."

Les grévistes ont multiplié les cortèges dans les allées du Carrefour
Les grévistes ont multiplié les cortèges dans les allées du Carrefour © Radio France - Cécile Da Costa

Gel des investissements

"Monsieur Bompard [le PDG du groupe Carrefour] a fait le tour des médias en se vantant d'avoir fait les meilleurs résultats depuis 20 ans en 2020", explique Nicolas Millerand, salarié depuis huit ans au Carrefour de Saran et délégué syndical de Force Ouvrière. "En parallèle dans les magasins on nous dit que tous les investissements sont gelés et qu'on ne peut plus recruter, à part des contrats de professionnalisation qui sont payés 800 euros par mois avec des aides de l'Etat.

Des contrats pour des jeunes, 15.000 au total à l'échelle nationale : c'est ce à quoi s'est engagé le groupe Carrefour auprès du gouvernement début décembre. "Mais ça prend du temps de former ces jeunes et de faire en sorte qu'ils soient totalement efficaces", raconte André Toma, salarié depuis 35 ans et délégué syndical CFDT. "Ce mois-ci, c'est un peu la catastrophe parce qu'on a du mal à embaucher ces jeunes."

A l'entrée du Carrefour de Cap Saran les grévistes distribuent des tracts
A l'entrée du Carrefour de Cap Saran les grévistes distribuent des tracts © Radio France - Cécile Da Costa

Résultat, ce samedi aux alentours de 10 heures, soit plus de deux heures après l'ouverture, beaucoup de palettes sont encore dans les allées, plusieurs rayons ne sont encore remplis. Pour les employés, il faut donc travailler encore plus vite. 

Ça engendre de la fatigue et de la crispation

Coralie Coulette travaille depuis 10 ans ici, elle a vu les conditions de travail se dégrader. "Typiquement, ce qu'on aurait pu faire en une heure avant, il faudrait le faire en 30 minutes. Ça engendre de la fatigue et de la crispation." 

"On n'est plus des humains, on est des heures", confie une salariée en colère. "Avant, venir au travail c'était un plaisir, maintenant, on vient pour notre paie." 

"Il y a aussi un problème au niveau du matériel, notamment des trans-palettes qui sont vieillissants", raconte André Toma, salarié depuis 35 ans dans le magasin et délégué syndical CFDT. "Il n'y a plus d'investissement au niveau du matériel." A la caisse, une salarié se plaint des plantages à répétition des caisses automatiques. 

Avec l'opération de ce samedi, les salariés espèrent faire pression sur leur direction, pour demander que le groupe débloque plus de moyens au Carrefour de Cap Saran. Ils devraient être reçus par la direction en début de semaine.

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