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CARTE | Plus de 11.000 roms expulsés en France en 2015

Par Samuel Aslanoff, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 12 janvier 2016 à 18:06

Evacuation du camp de roms "Le Samaritain" à la Courneuve, 27 août 2015
Evacuation du camp de roms "Le Samaritain" à la Courneuve, 27 août 2015 - Yann Foreix

Plus de 11.000 Roms, dont 6.900 vivaient en Ile-de-France, ont été expulsés l'an dernier en France selon un rapport publié ce mardi par deux associations ( la Ligue des Droits de l'Homme et l'European Roma Rights Center ) qui dénoncent une politique "indigne, inhumaine et dégradante".

L' an dernier, 111 camps de roms ont été évacués en France ce qui représente 11.128 personnes évacuées de force. Une grande majorité de ces personnes (62%) vivaient dans des camps installés en Ile-de-France selon le rapport annuel publié par deux associations : la Ligue de droits de l'Homme (LDH) et l'European Roma Rights Center (ERRC).

L'année 2015 a notamment été marquée par l'évacuation, en août, du bidonville du Samaritain (à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis), l'un des plus anciens de France, où vivaient quelque 300 personnes. Cette opération avait suscité une pluie de critiques, depuis l'évêché jusqu'au Défenseur des droits en passant par les associations qui s'indignaient de voir démanteler un campement "modèle".

La tendance générale pour 2015 est cependant à la baisse, après 13.500 expulsions en 2014 et 19.000 en 2013. Mais les associations s'alarment de l'absence quasi-généralisée de solutions de relogement, en violation de la loi et rappellent les mots très durs du haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme estimant, en septembre 2015, qu'en France : "il existe de plus en plus clairement une politique nationale systématique d'expulsion de force des Roms."  Le rapport note par ailleurs que près de 80% des terrains évacués de force sont publics alors que seuls 5% de ces terrains publics font l'objet d'un projet justifiant l'expulsion.

Les deux associations s'attardent aussi sur le harcèlement et les menaces dont sont victimes les roms. Cela montre, écrivent  la LDH et EERC, _"une montée alarmante de l'antitsiganisme,pourtant à un niveau déjà très élevé en France". Le rapport cite notamment début janvier 2015, le refus par le maire de Champlan d'inhumer un enfant rom dans le cimetière de sa commune.

Les associations demandent donc "la suspension des expulsions systématiques, la sécurisation des bidonvilles et leur assainissement, la mise en place de solutions adaptées pour l'insertion des familles à travers le droit commun et ceci avant toute expulsion, pour toutes les familles et sur tout le territoire".

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