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Société

Demandes de cartes grises sur Internet : des bugs aussi en Mayenne

mercredi 6 décembre 2017 à 4:06 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne

Depuis la fermeture des guichets cartes grises en Préfecture de la Mayenne le 6 novembre, et la généralisation de la "dématérialisation", c'est-à-dire des demandes sur Internet, les dossiers s'entassent et les retards s'accumulent. Conséquence d'importants bugs informatiques.

Près de 4000 dossiers de cartes grises sont "en cours de traitement" dans le grand ouest de la France selon le CNPA de la Mayenne
Près de 4000 dossiers de cartes grises sont "en cours de traitement" dans le grand ouest de la France selon le CNPA de la Mayenne © Maxppp - Thierry GACHON

Laval, France

"Votre demande de carte grise est en cours de traitement". C'est le message qu'Aurélie peut lire sur le site de l'ANTS, l'Agence Nationale des Titres Sécurisés, trois semaines après avoir fait sa demande en ligne. Elle a acheté un véhicule d'occasion à un particulier, elle a rempli sa demande de carte grise sur le site Internet, mais toujours aucune trace du précieux document dans sa boîte aux lettres.

"Je suis hors la loi" - Aurélie.

"J'ai beau appeler régulièrement l'ANTS, les agents me disent qu'ils sont surchargés de travail, et qu'ils ne peuvent pas répondre à toutes les demandes", raconte Aurélie. Mais la jeune femme n'a pas le choix, elle roule avec sa voiture, sans carte grise et sans assurance. "Je suis hors la loi, je sais que je risque une amende, mais il me faut un véhicule pour me déplacer, pour emmener mon fils à l'école et pour aller travailler".

Une quinzaine de voitures en attente de livraison dans certaines concessions

Ce problème concerne aussi les professionnels, en particulier pour les voitures étrangères importées, qu'il faut immatriculer en France, et pour les transformations sur les véhicules - les voitures d'auto-école par exemple, ou encore les voitures à deux places transformées en cinq places. Dans certaines concessions, les voitures s'entassent sur les parkings, elles ne peuvent pas être livrées aux acheteurs, et ne sont donc pas facturées.

"Cette situation met en difficulté la gestion économique de l'entreprise" - Frédéric Landelle, président du CNPA.

Cette situation peut mettre en difficulté certaines entreprises selon Frédéric Landelle, concessionnaire à Laval, et président du CNPA de la Mayenne, le Conseil National des Professionnels de l'Automobile. "Si vous avez quinze voitures en attente de livraison, ce qui peut être rapidement le cas, ça représente deux semaines de livraisons, et bien ça fait près de 300 000 euros qui sont bloqués, qui ne rentrent pas en facturation, et donc en marge pour l'entreprise. Ce n'est pas pour autant que nous ne payons pas nos charges, nos salaires et nos fournisseurs".

Un problème d'image pour les professionnels

Sans compter le problème d'image pour les concessionnaires. "Nous avons aussi un afflux de particuliers, qui normalement ne passaient pas par les professionnels, puisqu'ils se débrouillaient directement à la Préfecture. Ils viennent nous voir, et ils accentuent la problématique que nous rencontrons aujourd'hui. Nous avons à la fois nos propres clients, qui sont en tension car ils n'arrivent pas à avoir de carte grise en temps et en heure, et des clients potentiels qui viennent dans nos concessions et qui ont une mauvaise expérience, puisque nous sommes incapables de leur donner un niveau de service satisfaisant", regrette Frédéric Landelle.

Comment expliquer ces bugs ?

Cette situation est en fait due à une accumulation de problèmes informatiques. Les dossiers s'ajoutent les uns aux autres, et les agents sont débordés. Selon le CNPA, au centre de traitement de Poitiers, qui gère les dossiers de la Bretagne, des Pays-de-la-Loire, de la région Centre et du Nord de la Nouvelle Aquitaine, 4000 demandes sont en attente, en cours de traitement.

"Il y a vraiment des équipes qui travaillent à temps plein pour corriger les problèmes" - Eric Gervais.

Mais ces difficultés étaient impossibles à anticiper, selon Eric Gervais, directeur de la Citoyenneté à la Préfecture de la Mayenne, en charge du bureau de la circulation. "On ne mesure jamais quel est le taux d'erreur que peut faire un usager en faisant sa demande, ou quelle peut être la quantité de demande sur tel ou tel type de sujet, ou prévoir les bugs informatiques. C'est une réforme qui est en cours de correction. Il y a vraiment des équipes qui travaillent à temps plein pour corriger les problèmes. Donc au fur et à mesure qu'on corrige les bugs, on rattrape aussi les dossiers en retard".

L'Etat promet de mettre des effectifs supplémentaires pour traiter les dossier en attente, la priorité étant les dossiers des professionnels du secteur. "Un centre de traitement va s'occuper en priorité des dossiers des professionnels, parce qu'il y a des enjeux financiers", assure Eric Gervais. Pour les autres, il faut s'armer de patience.

Pour essayer d'avoir des infos sur votre dossier, il faut appeler le 34 00, ou envoyer un mail à l'ANTS.

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