Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

"À cause des menaces, je change de téléphone 2 fois par mois" Loubna Abidar

mercredi 8 mars 2017 à 10:56 Par Christelle Caillot, France Bleu Maine

VIDEO : en cette journée du droit des femmes, la comédienne Loubna Abidar revient sur les menaces qu'elle reçoit tous les jours et sur ses projets au cinéma.

La comédienne Loubna Abidar
La comédienne Loubna Abidar © Radio France - Frédéric Dugit Maxppp / Christelle Caillot

Le Mans, France

La comédienne Loubna Abidar habite au Mans depuis maintenant un an. Ce mercredi, elle dédicace son livre "la dangereuse" au cinéma pathé Quinconces et sera présente le soir à la projection du film "Much loved". Dans cette interview, elle revient sur les menaces qu'elle reçoit quotidiennement et sur ses projets cinématographiques.

Je reçois toujours des menaces

Pour avoir joué le rôle d'une prostituée dans "Much Loved" en 2015 Loubna Abidar a été victime d'une agression et a reçu à des nombreuses reprises des menaces de mort au Maroc; aujourd'hui deux ans après le film c'est toujours le cas : "oui, je reçois toujours des menaces", nous dit Loubna Abidar, "ce n'est pas seulement à cause du film, il y a aussi mon livre, et moi, et ma façon de penser et ce que je défends. Ce sont des menaces via des lettres, les réseaux sociaux, je change mes numéros de téléphone fixe et portable environ deux à trois fois par mois".

Les femmes vont moins bien qu'il y a 10 ans

Loubna Abidar travaille actuellement sur un documentaire sur les femmes berbères au Maroc. "Je trouve que ces femmes sont très fortes et qu'elles n'ont pas de faux problèmes comme nous. En revanche, je vois qu'elles vont moins bien qu'avant, qu'il y a 10 ans ou 20 ans. Aujourd'hui, à cause de cette vague qui s'appelle l'islamophobie, on retourne en arrière".

Loubna Abidar revient tout juste d'un voyage de quatre jours au Maroc pour des repérages pour son documentaire. "Aujourd'hui, pour tourner, on a toujours peur de ce qui est français" nous dit-elle, "j'ai un bon producteur français et je pense qu'ils ne vont pas faire de problème. Mais pour mes déplacements, je me déguise et j'ai des gardes du corps".

Installée et engagée au Mans

"Oui, je rencontre le maire du Mans en fin de semaine, et j'aimerai bien qu'il y a ait dans la ville un festival autour des femmes. Il faut montrer que les femmes aussi sont dans le cinéma et que le cinéma est en train de changer. Loubna réside au Mans avec sa petite fille de neuf ans, alors en cette journée de droit des femmes, éducation féministe ou pas ? "Non, pas féministe", répond Loubna Abidar. J'essaie de l'élever pour qu'elle soit une femme forte, indépendante et qu'elle apprenne à respecter les hommes parce que si elle est féministe depuis l'enfance, elle risque de détester les hommes et je ne veux pas. J'aimerai bien aussi qu'elle soit une grande amoureuse et qu'elle ait un vrai respect pour l'homme".