Société

Fêtes de Pâques sous surveillance dans le Nord Franche-Comté

Par Hugo Flotat-Talon, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 28 mars 2016 à 6:00

La protection des lieux de cultes est renforcée pour le week-end pascal.
La protection des lieux de cultes est renforcée pour le week-end pascal. © Maxppp - Maxppp

Le week-end de Pâques est synonyme de fêtes religieuses pour les chrétiens et les célébrations sont nombreuses. Elles se déroulent cette année sous surveillance renforcée dans le Nord Franche-Comté. Militaires, policiers et fidèles sont tous mobilisés.

Samedi soir de Pâques à Belfort. Des croyants catholiques effectuent le chemin de croix. Ils commémorent la mort de Jésus. Á quelques mètres d'eux, discrètement, des militaires veillent. La scène se répète le lendemain, à la sortie de la messe du dimanche sur le parvis de la cathédrale Saint Christophe de Belfort. Avant la cérémonie, c'est une voiture de police qui tournait discrètement autour de l'édifice. Une surveillance renforcée pour ce week-end pascal, comme l'a demandé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, avant même les attentats de Bruxelles.

La présence des gendarmes, policiers et militaires aux abords des édifices religieux n'est pas nouvelle, mais à Belfort, elle interpelle toujours Raphaël, un des sept sacristains chargé d'aider l’évêque à Pâques. "Pour nous c'est surprenant de voir les militaires intervenir, c'est pas dans nos habitudes", raconte cet homme. Mais aux entrées et sorties de l'église, beaucoup de fidèles se disent rassurés. "On se sent plus en sécurité, c'est normal. On est plus tranquille."  L'avis n'est cependant pas partagé par tous. "C'est un peu choquant, on célèbre la paix et en sortant on a des images qui représentent la violence. Ça rassure peut-être certains, mais je ne suis pas sûr qu'ils puissent faire quelque-chose en cas d'attaque et ça crée un climat anxiogène", estime Raphaël, un jeune croyant.

Des fidèles surveillent les comportements suspects

De son côté, l'Eglise a pris des mesures internes. "Dans chaque paroisse, une ou deux personnes ont été désignées pour surveiller les comportements suspects", explique l'évêque du diocèse de Belfort-Montbéliard, Monseigneur Dominique Blanchet. "On est vigilants, mais il ne faut pas tomber dans une sorte de paranoïa, ne pas être terrorisé, ça serait terrible d'en arriver là", ajoute-t-il. "Il faut rester serein, ne pas tomber dans l'engrenage de la violence qui appelle la violence et celui de la peur qui appelle l'enfermement", insiste l'homme de foi.

"On est vigilant partout" - Monseigneur Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard

En France, sur les 45 000 lieux de culte catholiques, 178 bénéficient d'une protection particulière selon le premier ministre Manuels Valls. Le 24 décembre dernier, une église bisontine avait été évacuée en pleine cérémonie. Une voiture suspecte s'était garée devant l'édifice. 800 personnes étaient sorties par une porte latérale de l'église, avant qu'un homme ne viennent expliquer aux policiers que la voiture suspecte était la sienne ... Et qu'il était venu déposer rapidement des clés chez un proche !