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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Centenaire de la Grande Guerre : le bagne du château-fort de Sedan, une histoire méconnue

vendredi 9 novembre 2018 à 2:29 Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne

De janvier 1917 à novembre 1918, le château-fort de Sedan abritait un bagne où les conditions de détention étaient particulièrement rudes. Ce camp de travail concentrationnaire a vu passer 5200 détenus civils. Plusieurs centaines d'entre eux y sont morts.

Plaque commémorative du bagne de Sedan, à l'entrée du château-fort
Plaque commémorative du bagne de Sedan, à l'entrée du château-fort © Radio France - Alexandre Blanc

Charleville-Mézières, France

Pas un seul Président de la République pour honorer cette mémoire. Pas une seule cérémonie, d'ailleurs. Dans le cadre du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, c'est une histoire méconnue et pourtant horriblement tragique que vous découvrirez peut-être. Celle du bagne de Sedan.  

Pendant les 4 années de la Grande Guerre, les Ardennes sont occupées.  L'armée allemande installe un hôpital de campagne au château-fort de Sedan et y loge ses troupes. En janvier 1917, les casernements sont reconvertis en cellule. Les historiens estiment que 5200 civils y ont été détenus en moins de deux ans, jusqu'en novembre 1918.

Les Allemands avaient besoin d'un lieu qui fait peur. Depuis le début de la Guerre, ils ont requis de nombreux civils qui commencent à se rebeller dans les camps de travail classiques. On dénombre 10 à 15 camps à Sedan. Les déportés civils que l'on envoie à Sedan sont ceux qui se rebellent en refusant le travail forcé ou en s'en prenant à l'occupant allemand » - Sébastien Haguette, président de la société d'histoire et d'archéologie du Sedanais

Promiscuité, sous-nutrition et surmortalité

Le cas du chateau-fort de Sedan est unique du fait des conditions de grande promiscuité, auxquelles s'ajoutent la sous-nutrition et des travaux forcés quotidiens. Les détenus civils ont par exemple démonté les rails du tramway. En permanence, 400 à 600 prisonniers sont entassés dans 10 salles, sur un étage, au sommet du château-fort, chacun disposant d'un mètre carré. À 40 mètres de haut, difficile de s'évader.  

Les morts se comptent par centaines. Selon les historiens, le taux de mortalité avoisine les 60 à 80 %. Difficile de chiffrer précisément le nombre de victimes car les archives sont partielles et n'ont pas toutes été explorées. Les registres établis après-guerre font état de 25 prisonniers civils décédés en 2016 sur la commune de Sedan, avant l'ouverture du bagne. Un bilan qui s'aggrave lourdement dès lors que le camp du château-fort ouvre ses portes : 226 déportés civils sont morts à Sedan en 1917 et 441 en 1918.

Aucun témoin n'évoque d'exécution. Ce n'est pas une mort programmée. Il n'y a pas d'ordre de donner la mort. C'est une mort lente, une mort d'épuisement, liées aux conditions de détentions » - Sébastien Haguette, président de la société d'histoire et d'archéologie du Sedanais

La seule trace visible aujourd'hui de l'existence de ce bagne est une plaque commémorative inaugurée en 1960. Plus aucune cérémonie ne s'y tient depuis plus de 20 ans.