Société

Centrales nucléaires survolées par des drones : "Il faut fermer les centrales le plus vite possible"

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde jeudi 30 octobre 2014 à 11:11

Stéphane Lhomme, le président de l'Observatoire du nucléaire

Le Bordelais Stéphane Lhomme est le président de l'Observatoire du nucléaire. Pour lui, le survol par des drones de sept centrales françaises, dont la centrale du Blayais en Gironde, démontre la vulnérabilité de nos installations. Interview.

France Bleu Gironde : Que pensez-vous de cette action de survol ?

Stéphane Lhomme : Même si, à cette heure-ci, nous ne savons pas qui a réalisé cette action de survol de sept centrales nucléaires, elle illustre bien la situation nouvelle issue de la démocratisation de certaines technologies comme les drones. Des gens mal intentionnés, des groupes terroristes par exemple, pourraient tout à fait organiser des attaques sur les centrales nucléaires. Depuis longtemps, nous dénonçons la vulnérabilité de la France avec ses 58 réacteurs. On sait qu'il y a une aggravation du risque climatique par exemple depuis quelques années qui va mettre en danger ces réacteurs. Là on se retrouve face à une situation géopolitique nouvelle avec une atomisation du risque et, en même temps, une démocratisation des technologies qui peut permettre à des groupes terroristes de mener des actions, par exemple à l'aide de drones, qui étaient hors de leur portée il n'y a pas si longtemps.

"Des énergies renouvelables réparties sur le territoire seraient moins vulnérables."

La surveillance et la protection des centrales est-elle suffisante ?

On peut malheureusement estimer qu'il est quasiment impossible de défendre les centrales face à de telles attaques et c'est pour cela qu'un système énergétique basé sur des énergies renouvelables réparties de manière homogène sur tout le territoire serait immensément moins vulnérable que le système français très centralisé avec les centrales nuclaires et les centaines de kilomètres de lignes à très haute tension. C'est un système du siècle précédent, archaïque, fragile face au risque climatique ou terroriste.

Qui pourrait être derrière cette action de survol ?

Je ne pense pas que ce soient des associations anti-nucléaires. Il faut tout de même des moyens nettements supérieurs. Greenpeace serait éventuellement en capacité de le faire mais ils ont l'habitude de revendiquer haut et fort leurs actions. Et ils ont bien précisé que ce n'était pas eux. Donc on est, de toutes façons, face à une sitution qui démontre la vulnérabilité des centrales nucléaires face à des attaques de drones qui peuvent être simultanées sur plusieurs centrales. C'est une des raisons supplémentaires de rappeler qu'il serait grand temps de fermer les centrales le plus vite possible avant que l'irréparable ne se produise.

Propos recueillis par Ezéquiel Fernandez

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