Société

Centre de déradicalisation de Pontourny en Indre-et-Loire : "Laissez-nous travailler tranquillement"

Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine et France Bleu jeudi 23 février 2017 à 8:27

Le centre de Pontourny emploie 27 personnes
Le centre de Pontourny emploie 27 personnes © Maxppp - Patrice Deschamps

Alors qu'un rapport de deux sénatrices dresse un bilan peu flatteur du centre de Pontourny (Indre-et-Loire), le sociologue Gérald Bronner qui a proposé un module "prise de distance" dans le centre, estime qu'il est trop tôt pour parler de fiasco. Même si selon lui, des problèmes demeurent.

Le centre de déradicalisation de Pontourny, à Beaumont-sur-Véron, fait-il dans "l’amateurisme" ? Deux sénatrices (l’écologiste Esther Benbassa et la sénatrice Les Républicains Catherine Troendlé) ont rendu public mercredi leurs premières conclusions sur le désendoctrinement, le désembrigadement et la réinsertion des djihadistes en France et en Europe. Et ce n’est pas brillant, ces sénatrices parlent d’ "échec", de "fiasco", "d'amateurisme".

Un centre qui tourne à vide

Parmi les exemples cités dans le rapport, le centre installé en Touraine depuis un peu plus de six mois. Il était censé servir de modèle de désendoctrinement, avec des pensionnaires volontaires mais tourne déjà à vide, et a été victime de plusieurs dysfonctionnements.

C'est un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire" - Le président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas

Le rapport parlementaire parle de "fiasco"

Alors est-ce vraiment un fiasco ? Beaucoup trop tôt pour le dire, selon le sociologue Gérald Bronner. Il y a proposé un module "prise de distance" dans le centre, et fait partie des personnes auditionnées pour ce rapport. "Laissez-nous travailler tranquillement. L'histoire du Centre, elle est loin d'être terminée. Le programme que nous avons mis en place donnait des signes très positifs. L'expérimentation intéresse beaucoup d'autres pays. On fonctionne avec un temps médiatique", explique Gérard Bronner.

Selon le rapport de Mme Troendlé, le centre de Pontourny, dont l'ouverture a bénéficié d'une grande médiatisation mais qui n'accueille plus de pensionnaires, "a démontré l'échec d'une politique de prise en charge de la déradicalisation fondée uniquement sur le volontariat de personnes ne faisant pas l'objet d'une procédure judiciaire".

Si il y a eu une erreur, c'est celle de la stratégie de recrutement. Là, c'est un vrai problème. A partir du moment où vous recrutez sur la base du volontariat, nous sommes impuissants" - Gérard Bronner

Pour le sociologue Gérard Bronner, "On ne peut pas reprocher au centre d'avoir des individus trop radicalisés ou pas assez radicalisés, il faut choisir". Et de rappeler que le centre de Pontourny était une préfiguration. Que tout cela avait une dimension exploratoire et qu'il n'était pas question de traiter le problème dans ce centre-là.