Société

Ces communes sarthoises qui arment leurs policiers municipaux

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine dimanche 25 septembre 2016 à 17:48

La loi a simplifié cet été les règles d'armement des polices municipales
La loi a simplifié cet été les règles d'armement des polices municipales © Maxppp - MOUILLAUD RICHARD

D’ici l’année prochaine elles seront trois. Le Bailleul, 1.200 habitants, a été la première. Château-du-Loir a suivi en équipant ses policiers d’un taser. Et La Ferté Bernard vient d’obtenir l’autorisation de la préfecture. Les maires invoquent la dissuasion.

Avant de patrouiller avec leur pistolet (sans doute début 2017) les quatre policiers municipaux de La Ferté Bernard seront formés par un organisme agréé par le Ministère de l'Intérieur. Ils passeront aussi des tests médicaux et psychologiques. La préfecture a rapidement donné son feu vert. Le maire justifie cette décision : "la police municipale est la police de première intervention. Aujourd’hui, les personnes qui portent un uniforme sont des cibles potentielles". Jean-Carl Grelier reconnait qu’il n’existe "pas de délinquance particulière" à La Ferté. Mais la population ressent un sentiment d’insécurité", estime l’élu. Le maire insiste : "l’armement de la police municipale, c’est un peu comme l’arme nucléaire : l’idée, est qu’on ne s’en serve jamais mais qu’avec, on fasse de la dissuasion."

Au Bailleul - 1.200 habitants - le seul policier municipal est armé

A Château-du-Loir, c'est une autre option qui a été choisie. Les deux policiers municipaux disposent d'un taser depuis quatre mois (ce pistolet qui envoie des décharges électriques pour immobiliser un suspect). Mais pour sortir avec cette arme, les deux hommes doivent patrouiller ensemble. En Sarthe, c'est la commune du Bailleul qui a été la première à faire le choix de l'armement. L'unique policier municipal, qui est un ancien gendarme, dispose d'un pistolet depuis un peu plus d'un an. Cette décision a surpris compte tenu de la taille de la commune : 1.200 habitants. Le maire, Eric David le reconnaît : "cet armement avait fait un peu polémique au départ. Mais aujourd’hui, les habitants se sont habitués : ce n’est pas un fusil à pompe !" Et l’élu ajoute : "Moi je sens mon policier plus serein. Ce n’est pas parce que quelqu’un porte une arme qu’il va s’en servir. Comme l’avait dit le policier à l’époque : un pompier ne va pas sans sa lance au feu."

Au Mans, les 13 policiers municipaux ne sont pas armés et la question n'est pas à l'ordre du jour. Depuis cet été, la loi est plus souple. Elle permet à toutes les polices municipales d'être armées compte tenu du risque terroriste élevé. La préfecture vérifie simplement que chaque agent est individuellement apte à porter une arme.