Société DOSSIER : Série d'été 2017 : Ces vieux métiers qui ont de l'avenir

Ces vieux métiers qui ont de l'avenir : le retour en grâce du barbier

Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin et France Bleu lundi 17 juillet 2017 à 6:25

La Moustache de Gaston, un barbier très fréquenté dans le quartier de la place des Carmes à Limoges
La Moustache de Gaston, un barbier très fréquenté dans le quartier de la place des Carmes à Limoges © Radio France - Jérôme Ostermann

Cette semaine, nous nous intéressons à ces vieux métiers qui ont de l'avenir. Aujourd'hui, les barbiers. Ou quand un métier que l'on pensait en voie de disparition refait parler de lui. Illustration à Limoges, à La moustache de Gaston, un barbier du quartier de la place des Carmes.

Même en début d'après-midi, en pleine semaine, le barbier La Moustache de Gaston, près de la place des Carmes à Limoges, est plein à craquer. Musique moderne, table basse avec jeu d'arcade intégré. Ici, ce vieux métier de barbier est exercé en cohérence avec son époque et son patron. Bertrand a 33 ans. Cela fait déjà une décennie qu'il manie les ciseaux et la tondeuse. Il a repris la boutique il y a 7 ans, pour plusieurs raisons :"Ce qui m'a plu dans le métier de barbier, c'est que l'on ne fait que les hommes ! Et d'avoir uniquement des hommes dans son commerce, ça donne une autre ambiance, un autre style. C'était une manière de se démarquer et surtout de faire ce que j'aime. Couper les cheveux des hommes et tailler la barbe. Couper les cheveux aux femmes et faire de la technique, notamment de la colorimétrie, ça me parlait moins."

Un client - Le salon pour homme tombait dans l'oubli mais il revient !

Et vu l'affluence, cela marche. Les clients s’enchaînent. Après un simple rafraîchissement, Martial, 34 ans, accepte de nous dire ce qui lui plait tant chez ce barbier. Au delà de la qualité du service, l'ambiance est aussi un argument :"La plus-value ? C'est que c'est bien fait ! C'est régulier. C'est propre. Et au delà de ça, le salon pour hommes, qui tombait un peu dans l'oubli, revient. Il suffit de voir ici. C'est tout le temps plein. Et il y a vraiment ce côté convivial et inter-générationnel. Le matin, vous avez des personnes un peu plus âgées. L'après-midi, il y a plus de jeunes. Et c'est toujours fait avec un esprit très masculin. Il y eu la mode du métro sexuel. Aujourd'hui, on est vraiment sur le masculin mais qui s'entretient."

Bertrand, le patron de la Moustache de Gaston, en pleine action sur Martial, un bon client - Radio France
Bertrand, le patron de la Moustache de Gaston, en pleine action sur Martial, un bon client © Radio France - Jérôme Ostermann

Et à entendre Bertrand, ce n'est pas prêt de s'arrêter :"Quand j'ai commencé il y a 7 ans, l'activité était moins fleurissante. On était encore sur les mœurs d'avant. Avec des clients qui ne portaient pas forcément la barbe. Mais c'est vrai qu'elle s'est complètement démocratisée. Dans des structures qui étaient assez rigides au niveau du look, banques, assurances et même administrations, y compris la police et la gendarmerie, aujourd'hui, on a le droit de porter la barbe. Et ça, depuis 3 ou 4 ans, ça s'est énormément développé. Maintenant, les jeunes portent la barbe et veulent se la faire tailler. Je pense que l'on ne reviendra pas en arrière, et que barbier est un métier d'avenir. Aujourd'hui, on peut s'assumer en tant qu'homme virile mais maîtrisé, à l'image de sa barbe !"

Vivement la mode de la moustache !

Et lui dire que la barbe est peut être une mode, par définition passagère, cela ne l’inquiète pas pour son activité :"Les modes, ce sont des cycles. Ça reviendra. Et il nous restera toujours les cheveux." Mais lui qui porte la moustache, il n'aimerait pas qu'elle soit à la mode ?A lui de conclure, en rigolant :"Ah oui, vivement la moustache !"