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Société

Cette famille du Loiret écrit à Brigitte Macron pour son fils handicapé

vendredi 11 mai 2018 à 18:26 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

Une famille d'Outarville, près de Pithiviers, interpelle Brigitte Macron sur sa situation et la nécessité de trouver un lieu d'accueil mieux adapté au handicap de Ludovic, le fils, âgé de 30 ans. Une lettre à la Première Dame pour tenter de mettre en lumière le manque de places dans le Loiret.

La famille Béchu d'Outarville en appelle à Brigitte Macron
La famille Béchu d'Outarville en appelle à Brigitte Macron © Radio France - Anne Oger

Outarville, France

Ludovic Béchu est handicapé physique et moteur, presque depuis sa naissance. Depuis une douzaine d'années, il est placé à la Maison d'Accueil Spécialisée de Dadonville, près de Pithiviers. Ici comme partout ailleurs le personnel fait de son mieux, mais prend en charge essentiellement des personnes lourdement handicapées, qui nécessitent beaucoup de soins, ce qui laisse peu de temps aux activités ludiques et physiques que Ludovic affectionne particulièrement. Le passe-temps favori de ce jeune homme de 30 ans, c'est la pétanque, explique sa soeur Jennifer Hautefeuille

Ludovic a besoin d'échanger avec d'autres pour avancer, de partager des activités, là il est en train de stagner

"Il aime sortir, il adore rencontrer des gens, il est passionné de foot, de rugby, de musique" écrit Jennifer dans la lettre qu'elle vient d'adresser à Brigitte Macron. Et elle explique que ces deux dernières années, Ludovic a fait beaucoup de progrès, il a gagné en autonomie, et s'il a encore besoin qu'on s'occupe de lui, il aimerait faire plus de choses par lui-même. Sauf qu'à la Maison d'Accueil de Dadonville, c'est parfois difficile, dit Marie-Josée Béchu, la maman de Ludovic : "les résidents sont des polyhandicapés, parfois une douche peut prendre une heure, cela laisse peu de temps au personnel pour organiser des activités, même s'il y en a. Ludovic a besoin d'échanger, de bouger, pour progresser, là il est en train de stagner"

Une demande d'accueil temporaire déposée

La famille ne remet pas en cause l'engagement du personnel, mais estime qu'aujourd'hui, il faut à Ludovic un lieu mieux adapté, pour l'encourager dans sa recherche d'autonomie. Elle s'est donc mise à la recherche d'un centre d'accueil, elle a entamé des démarches auprès de la Maison du Handicap du Loiret, pour déposer une demande d'accueil temporaire, des placements "à l'essai", pas plus de 90 jours par an. Un pis-aller, mais de toute façon, la famille n'espère pas une réponse rapide, les démarches prennent du temps, elle le sait. Et parce que les places manquent, dans ces lieux d'accueil. Ludovic et ses parents en ont visité plusieurs, pas dans le Loiret car il n'y en a pas. Ils en ont trouvé un à Nevers qui pourrait convenir, mais s'inquiètent déjà de la distance, et des années d'attente qui s'annoncent, avant qu'on trouve une place pour Ludovic.

Le dimanche soir il refuse de manger, pour nous dire qu'il ne veut pas retourner au centre

En attendant une place dans un lieu qui lui conviendrait mieux, Ludovic s'ennuie. Et le fait savoir à ses proches. "Il passe tous les week-end chez nous, et le mercredi. Et maintenant, le dimanche soir, quand il sait qu'il devra repartir le lendemain au centre, il refuse de manger, c'est arrivé plusieurs fois" raconte Marie-Josée Béchu, inquiète. "Il n'a plus envie d'aller là-bas, ça devient difficile pour lui, c'est sa façon à lui de nous appeler à l'aide" analyse Jennifer Hautefeuille. "Ludovic, il ne peut pas rester comme ça, on ne peut pas le laisser dans cette situation"

Je vous demande, Madame la Présidente, de faire tout votre possible 

Alors Jennifer a pris sa plume, pour une lettre dont elle espère "qu'elle ne sera pas lue puis rangée dans un casier avec une réponse-type pour toute réponse". Elle y décrit la situation de son frère, de sa famille, celle, plus globalement, des personnes en situation de handicap en France, et de leurs proches. "Il faut construire davantage de centres d'accueil spécialisés en France, afin d'accueillir chacun dans un centre en rapport avec sa pathologie". Jennifer explique que cette lettre, elle l'écrit surtout pour soutenir ses parents : "il fallait que je fasse quelque chose". "J'ai le coeur déchiré de voir mes parents et Ludovic tristes, impuissants et résignés face à cette situation" écrit Jennifer à Brigitte Macron, et elle a joint, à la lettre, une photo de son frère, "pour que vous puissiez mettre un visage sur son nom"