Société

Changement d'heure : ces horloges qu'on remonte à la main

Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne samedi 29 octobre 2016 à 14:26

Le mécanisme de l'horloge du clocher de Jonval
Le mécanisme de l'horloge du clocher de Jonval © Radio France - Alexandre Blanc

Sur les 250 horloges dont le campaniste Benoît Haouy assure la maintenance dans les Ardennes, une dizaine sont encore mécaniques. À Jonval, 87 habitants, un bénévole passe remonter le mécanisme tous les deux jours et demi.

Le passage à l'heure d'hiver, c'est une heure de sommeil en plus pour beaucoup d'entre nous, mais deux fois plus de marches à escalader pour Xavier Noblet, 47 ans agriculteur, deuxième adjoint au maire de Jonval et préposé au clocher de l'église du village de 87 habitants. Jonval, dans les crêtes préardennaises, fait partie des rares communes à ne pas avoir électrifié son horloge. Depuis 8 ans, Xavier grimpe les 56 marches du clocher tous les deux jours et demi afin de remonter les poids qui permettent au mécanisme de fonctionner. Le plus lourd des trois pèse 80 kilos.

"La plupart des communes choisissent d'électrifier leur horloge faute de trouver des bénévoles", témoigne Benoît Haouy, qui assure la maintenance et la réparation de 250 horloges monumentales dans les Ardennnes. Les systèmes automatiques ne nécessitent pas d'intervention humaine. Même le changement d'heure s'opère tout seul. Lorsque les poids se sont décrochés voilà quelques années, occasionnant des dégâts qui ont coûté 1200 euros à la commune, la municipalité de Jonval a bien envisagé d'électrifier l'horloge de l'église pour des raisons budgétaires. "Si un jour, nous ne pouvons plus prendre en charge la maintenance et les réparations, on y viendra", confie le maire Patrick Iwanczuk.

En attendant, Xavier s'est porté volontaire. "Par respect pour les anciens qui l'ont fait fonctionner jusqu'à aujourd'hui", glisse le maître du temps qui a toujours vécu à Jonval et habite juste en face de l'église. Ce week-end, Xavier grimpera au sommet du clocher deux fois en une heure. La première fois pour arrêter le mécanisme. La seconde fois une heure plus tard pour le redémarrer. L'église n'accueillant plus d'office, le tic-tac de l'horloge et les va-et-vient de Xavier sont les seuls indices de vie qui animent encore l'édifice.

Le campaniste, le maire et le préposé au clocher - Radio France
Le campaniste, le maire et le préposé au clocher © Radio France - Alexandre Blanc

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