Société

Chantier de la Samaritaine : des camions remplacés par une péniche

Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris Région mardi 4 octobre 2016 à 17:18

La péniche de Paprec passe devant le chantier de la Samaritaine, le 4 octobre 2016.
La péniche de Paprec passe devant le chantier de la Samaritaine, le 4 octobre 2016. © Radio France - Nicolas Olivier

La Samaritaine, bâtiment emblématique de Paris, est en pleine réhabilitation. Le chantier va générer en trois ans 110.000 mètres cubes de déchets. Pour les évacuer, le transport fluvial a été privilégié.

C'est l'un des plus gros chantiers du moment en plein coeur de la capitale. La Samaritaine, qui surplombe le pont Neuf depuis 1870, est en plein travaux. Depuis septembre 2015, l'opération de rénovation mobilise jusqu'à 1.300 ouvriers, et produit naturellement des montagnes de gravats. Débris de plâtre et de verre, métaux, bois, carton... Au total, 110.000 mètres cubes de déchets sortiront du site. Pour évacuer ces matériaux, la priorité a été donnée au transport fluvial. Grâce à un partenariat entre Vinci Construction France, Paprec Recyclage et CHR Raboni, 35% des gravats et des déchets dits "industriels banals" (c'est-à-dire légers) voyagent sur la Seine. Ils ne peuvent être chargés directement depuis la Samaritaine car la configuration des lieux ne le permet pas, mais sont embarqués sur un quai à Ivry-sur-Seine (94). Une fois par semaine, la péniche transporte 300 tonnes de déchets sur 38 km, jusqu'à Gennevilliers (92). C'est là que Paprec, le leader du recyclage des déchets du BTP, valorise 75 à 85% de ces matériaux.

Le trajet des déchets concernés par le transport fluvial. - Aucun(e)
Le trajet des déchets concernés par le transport fluvial. - Paprec Recyclage

Une seule péniche peut transporter l'équivalent de la cargaison de 60 semi-remorques. Grâce à cette solution, le nombre de kilomètres parcourus par les camions est divisé par 3,5. C'est autant de pollution et d'engorgement en moins sur les routes. Une réelle réduction de l'empreinte environnementale du chantier. Selon Vinci et Paprec le coût du transport fluvial n'est pas forcément plus élevé que le transport routier. Le développement du transport fluvial à Paris est toutefois freiné par les emplacements trop rares intra-muros, et par le prix élevé de la location des quais. Des quais parisiens souvent réservés aux activités de loisirs (bars et restaurants).

La Samaritaine, propriété du groupe LVMH, doit être livrée fin 2018. Le complexe de 70.000 m² abritera à la fois un centre commercial, un hôtel de luxe, des bureaux, des logements sociaux et une crèche.

Partager sur :