Société

Chantier de la Visitation au Mans : transformer sans oublier

Par Martin Cotta, France Bleu Maine mardi 20 septembre 2016 à 18:26

La salle des fêtes de l'ancienne prison sera bientôt démolie
La salle des fêtes de l'ancienne prison sera bientôt démolie © Radio France - Martin Cotta

Le chantier de la Visitation dans le centre ville du Mans continue. En avril 2019, des commerces, des logements, une salle de concert remplaceront l'ancienne prison et l'ancien palais de justice. Une exposition aura lieu en 2019 pour se souvenir de l'histoire des lieux.

Vous les entendez sûrement tous les jours si vous habitez le centre-ville du Mans. Les camions, les pelleteuses de démolition sur le chantier de la Visitation s'activent. En avril 2019, il n'y aura plus la prison, construite au XVIIIème siècle, et le tribunal, c'est à dire l'ancien couvent des Visitandines juste à côté de la chapelle. Des commerces, des logements, une salle de concert et un bar-restaurant vont prendre place dans ce quartier très prisé du centre-ville.

Faire parler les murs

Aujourd'hui, le chantier prend une dimension artistique, pour transformer ces lieux historiques et ne pas oublier leurs histoires. Pour cela le Conseil d'Architecture, de l'Urbanisme et de l’Environnement de la Sarthe fait appel à un photographe. Jean-François Mollière est manceau. Son objectif est de "faire parler les murs du tribunal et de la prison". Cela fait un an que l'homme se ballade avec son appareil photo dans les décombres et découvre parfois des choses surprenantes. "Par exemple dans la prison des femmes il y avait un cachot. Avec une lampe j'ai vu des écritures, des messages à l'être aimé, des messages de souffrance. Donc il se dégage beaucoup d'émotions et c'est une grosse responsabilité de retranscrire ces tranches de vie" indique le photographe.

"Retranscrire ces tranches de vie"

À la recherche d'anciens détenus

Ne pas oublier l'histoire passe aussi par le recueil de témoignages. Le Conseil d'Architecture, de l'Urbanisme et de l’Environnement de la Sarthe lance un appel à toutes celles et ceux qui ont connu les lieux. "Nous cherchons des personnes qui, quel que soit leur statut professionnel ou particulier, ont fréquenté la Visitation. Par exemple des artisans, des démolisseurs mais également des [personnes évoluant dans des, ndlr] professions judiciaires et carcérales. On espère rencontrer d'anciens détenus pour les faire parler de ce qu'ils ont vécu ici" explique Étienne Périchard directeur du CAUE.

Étienne Périchard (CAUE) et le photographe Jean-François Mollière (à droite) - Radio France
Étienne Périchard (CAUE) et le photographe Jean-François Mollière (à droite) © Radio France - Martin Cotta

Ce travail artistique au service de la mémoire doit aboutir sur une exposition en 2019, c'est à dire à la fin des travaux. L'occasion de présenter des objets retrouvés dans l'ancien palais de justice. "Comme la barre du tribunal, de la salle d'audience, des livres aussi et des formulaires administratifs" termine Étienne Périchard. L’exposition n'aura pas lieu dans une galerie classique mais dans un endroit insolite, tenu secret.

La moitié des logements déjà vendue

Près de 290 logements vont voir le jour près de la chapelle. 125 d'abord dans une résidence pour senior gérée par Maison de Famille. Il ne s'agira pas d'une résidence médicalisée. Un hôtel d'une centaine d'appartements va également s'installer (groupe Odalys). Le projet immobilier comprend aussi la construction d'une tour de 56 appartements dont 28 sont déjà vendus à des particuliers explique Jean-Jacques Zerbib directeur d'agence chez Kauffman & Broad le promoteur.

"Le projet a rencontré la population"