Société

Charleville-Mézières a 50 ans : 76 élus ont sacrifié leurs mandats pour la fusion

Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne vendredi 30 septembre 2016 à 17:00

François Guillaume, conseiller municipal de Mohon, a dû laisser son siège le 1er octobre 1966
François Guillaume, conseiller municipal de Mohon, a dû laisser son siège le 1er octobre 1966 © Radio France - Alexandre Blanc

Avant leur fusion, les conseils municipaux de Charleville, de Mézières, de Montcy-Saint-Pierre, de Mohon et d'Etion totalisaient 111 élus. Seuls 35 ont conservé leur siège le 1er octobre 1966, dans le nouveau conseil municipal de Charleville-Mézières.

Le mandat de François Guillaume au conseil municipal de Mohon n'aura duré qu'un an. Elu pour la première fois en 1965, il doit laisser son siège lorsque Mohon cesse d'être une commune à part entière, le 1er octobre 1966. "C'était peut-être un peu frustrant", reconnaît l'ancien élu, aujourd'hui octogénaire. Durant son année de mandat, au sein de la commission "Travaux et finances", François Guillaume a initié la création de la Ronde-Couture. Les terres agricoles cédent leur place à des immeubles d'habitation aujourd'hui classés en "zone urbaine sensible".

"J'aurais bien aimé assister à la concrétisation, pas pour les responsabilités mais pour le plaisir d'avoir réalisé quelque chose pour les gens de Mohon", admet aujourd'hui François Guillaume. Depuis 1966, il n'a plus jamais occupé aucune fonction élective. François Guillaume s'est tourné vers l'action sociale, notamment en tant que président national du Secours Catholique.

Les absents n'ont pas toujours tort

Lors de sa toute première allocution en tant que maire de Charleville-Mézières, André Lebon, ancien maire de Charleville, ne manque pas de saluer le dévouement des conseillers municipaux qui ont accepté de sacrifier leurs mandats sur l'autel de la fusion.

Je (...) demande de dire à tous ceux (...) qui ont sacrifié leur mandat à l'avenir toute la gratitude de nos électeur", prononce André Lebon lors de la séance d'installation du tout nouveau conseil municipal le 1er octobre 1966.

L'allocution prononcée par le nouveau maire de Charleville-mézières le 1er octobre 1966 - Radio France
L'allocution prononcée par le nouveau maire de Charleville-mézières le 1er octobre 1966 © Radio France - Alexandre Blanc / Archives départementales des Ardennes

111 conseillers municipaux siégeaient à Charleville, à Mézières, à Montcy-Saint-Pierre, à Mohon et à Etion avant la fusion des cinq communes. 35 d'entre eux rejoignent le nouveau conseil municipal. Chaque commune s'est vu attribuer un nombre de sièges selon le nombre d'électeurs de son ressort. Charleville à elle seule récupère 17 des 35 fauteuils.

Un an après les municipales, aucune nouvelle élection n'est convoquée. C'est un arrêté préfectoral qui fixe les règles concernant le choix des élus à conserver : "les premiers pris dans l'ordre de la commune". Gardent donc leur sièges les maires, leurs adjoints et, s'il y a lieu, les conseillers municipaux les plus anciennement élus. Certains conseillers se sont désistés.

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