Société

Charlie Hebdo : moins de réservations en Bretagne

Par Bertrand Queneutte, France Bleu Breizh Izel mardi 24 février 2015 à 18:59

La une du dernier Charlie Hebdo

Le second numéro du Charlie Hebdo des "survivants" sort ce mercredi dans les kiosques. Si les réservations sont moins nombreuses que pour le journal post-attentats, il sera tout de même tiré à 2,5 millions d'exemplaires.

Le second numéro de Charlie Hebdo - le 1179 - depuis les attentats du 7 janvier paraît ce mercredi dans les kiosques, et ressort de manière hebdomadaire. Après le tirage exceptionnel la fois dernière (8 millions d'exemplaires), la direction a cette fois-ci décidé de tirer à 2,5 millions d'exemplaires. Le journal sera par ailleurs traduit pour la première fois en anglais pour quelques pays anglophones. Aujoud'hui, le journal compte plus de 200.000 abonnés, contre 10.000 avant les attentats.

Verte en janvier, la Une est rouge aujourd'hui. Au premier plan du dessin de Luz, un petit chien s'enfuit, le journal plié dans la gueule. Derrière lui, une meute enragée le poursuit. On distingue notamment Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, un djihadiste, le Pape et une caméra de la chaîne d'information en continue BMFTV.

Comme après les attentats, de nombreux lecteurs ont réservé le nouveau numéro. Mais force est de constater que les réservations sont moins nombreuses. A Pont-Croix, dans le Finistère, Michel n'enregistre aucune réservation pour le moment. Le buraliste en avait pourtant un grand nombre il y a quelques semaines, lui qui avaient vendu plus de 200 exemplaires du fameux "Tout est pardonné". Certains nouveaux lecteurs ont été "surpris ", voire "choqué ", selon lui, par le contenu du journal et des dessins. Même avis pour une buraliste de Douarnenez. "Certains l'ont acheté par pure solidarité, mais se sont rendus compte que la ligne éditorial était trop dure à leur goût ", confie-t-elle.

Valentine, 39 ans, a longtemps acheté Charlie Hebdo. C'était "du temps du professeur Choron ", raconte-t-elle. Puis elle avait cessé "sous l'ère Philippe Val". En janvier, après le drame survenu le 7 dans les locaux de l'hebdomadaire, dans lequel 12 personnes avaient perdu la vie, Valentine avait, "comme tout le monde " acheté "le numéro des survivants". Mais aujourd'hui, elle ne l'achètera plus. Elle ne trouve plus, explique-t-elle, "l'esprit subversif d'autrefois, mais simplement un esprit provocateur, bête et méchant ".

Charlie Résa (ENRO)