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Société

Charlie Hebdo, quatre ans après la tuerie : "Il n'y a plus d'engouement, je suis déçue"

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Que reste-t-il de l'esprit de Charlie Hebdo quatre ans après l'attaque terroriste ? Pas grand-chose, constatent le club de la presse de Nantes Atlantique et une buraliste nantaise.

Le bureau de tabac de Valérie, avec le présentoir sur lequel est placé Charlie Hebdo, place René Bouhier à Nantes.
Le bureau de tabac de Valérie, avec le présentoir sur lequel est placé Charlie Hebdo, place René Bouhier à Nantes. © Radio France - Pascale Boucherie

Nantes, France

C'était il y a quatre ans jour pour jour. Le 7 janvier 2015, la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo était victime d'une attaque terroriste, le premier de trois attentats parisiens. Terrible bilan : 12 personnes tuées, dont 8 journalistes. Cela avait soulevé un formidable élan de solidarité, une communion de tous les Français et des soutiens à travers le monde entier. Nantes s'était particulièrement mobilisée.

75.000 personnes dans les rues de Nantes

Le soir même de l'attentat de Charlie Hebdo, 5.000 personnes se rassemblent place Royale à Nantes à l'appel du club de la presse. Des bougies, des dessins et énormément d'émotion comme en témoignent ces archives sonores. 

Archives sonores du 07 janvier 2015. Témoignages de Nantais réunis place Royale au soir de la tuerie de Charlie Hebdo.

C'est affreux, c'est jamais que des dessins qu'ils faisaient. On a tué un morceau de démocratie. C'est hallucinant que des gens qui faisaient un métier simple et ordinaire puissent être assassinés dans une scène de guerre par un commando sur-entraîné."

Le week-end suivant, une marche blanche rassemble quelques 75.000 personnes dans la Cité des ducs..

Solidarité dans les kiosques à journaux

Janvier 2015, les exemplaires de Charlie Hebdo se vendent comme des petits pains. Le numéro publié une semaine après la tuerie est imprimé à cinq millions d'exemplaires et au Carrefour Beaulieu de Nantes, on va jusqu'à se bousculer pour se le procurer. Un très fort intérêt, aujourd'hui complètement disparu, déplore cette buraliste nantaise, Valérie : "Je suis vraiment déçue. Les gens oublient très vite. Charlie Hebdo me fait toujours rire".

Les gens devraient garder cet esprit qu'il y a eu après cet engouement. Avant c'était la folie, on se faisait disputer parce qu'il n'y avait plus d'exemplaires, aujourd'hui, je n'en vends plus que quatre-cinq par semaine." - Valérie, buraliste

Reste au moins une trace visible de ces commémorations : un blog qui regroupe les travaux de dessinateurs connus et inconnus de Nantes et d'ailleurs en soutien à Charlie Hebdo, un blog lancé par le Club de la presse Nantes Atlantique

"Les citoyens veulent des reportages au plus proche d'eux"

Le club de la presse Nantes Atlantique qui avait lancé l'appel au rassemblement le soir de la tuerie constate lui aussi l'évaporation de "l'esprit Charlie".

Ça serait très difficile aujourd'hui de mobiliser sur l'esprit de Charlie.  Il y'a un décalage avec la demande des citoyens."

Thibault Dumas, président du club de la presse Nantes Atlantique estime que "la demande des citoyens est très forte sur l'éducation aux médias". L'enjeu dit-il c'est "d'expliquer aux enfants, aux adultes, aux anciens, comment fonctionne l'information, comment on part en reportage (...) être transparent etc". Selon le journaliste, "l'esprit de Charlie" aujourd'hui ce serait plutôt "faire du reportage sur ce que les citoyens vivent dans une grande métropole comme Nantes mais aussi en périphérie en deuxième, troisième couronne et en zone rurale."

Thibault Dumas, président du Club de la Presse Nantes Atlantique

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