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Société

Châteauroux : une famille angolaise risque d'être expulsée de son logement

mercredi 1 mars 2017 à 6:00 Par Armêl Balogog, France Bleu Berry

Fabricio Jean-Claude, sa femme et leur fille de deux ans refusent de quitter leur hébergement d’urgence à Châteauroux, gérée par l’association Coallia.

La famille ne veut pas quitter son logement à Châteauroux, elle est soutenue par le DAL 36
La famille ne veut pas quitter son logement à Châteauroux, elle est soutenue par le DAL 36 © Radio France - Armêl Balogog

Châteauroux, France

L’association Coallia a prévenu Fabricio Jean-Claude lundi 27 février qu’elle passerait le lendemain pour faire un état des lieux de départ, le bail étant terminé. Il avait alors un jour pour déménager, avec sa femme et leur fille de deux ans, mais pour aller où ?

Je n’ai pas de solution pour aller ailleurs, tant qu’ils ne m’ont pas proposé un endroit, donc j’ai pris cette décision de rester ici, que je puisse continuer à faire mes études, tranquille. – Fabricio Jean-Claude, l’occupant des lieux

Tout pour éviter la rue

"On ira jusqu’au bout", assume Fabricio. Sa compagne et lui ont décidé d’occuper le logement social de la rue Winston Churchill, quitte à risquer la procédure d’expulsion devant un juge. C’était soit ça, soit la rue, en plein hiver, avec leur fillette. Et Fabricio voulait pouvoir étudier au lycée Blaise Pascal de Châteauroux dans les meilleures conditions.

Je connais plein de gens qui n’ont aucune formation, donc ils ont des difficultés pour trouver un travail. Pour moi, le plus important en ce moment, c’est la formation. Sans hébergement, sans endroit où je puisse rester tranquille, je ne peux pas être à l’aise. Je peux aller en cours mais je ne serais pas à l’aise, tranquille. – Fabricio Jean-Claude

La famille, arrivée d’Angola en 2014, n'a aujourd'hui aucun statut légal en France. Le statut de réfugiés ne leur a pas été accordé, malgré leurs demandes. Elle vit avec 60 euros par mois, le montant de la bourse d’étude de Fabricio. Ce n’est pas assez pour déménager et payer un loyer. Son parrain républicain, Jérémie Godet, aussi élu au conseil municipal d’Argenton-sur-Creuse, ne sait plus quoi faire devant tant de précarité.

Fabricio vit au mois le mois, si ce n’est au jour le jour. On aimerait pouvoir régler la situation comme ça, d’un coup de baguette magique, mais en fait ce n’est pas comme ça que ça se passe. – Jérémie Godet, parrain républicain de Fabricio

DAL, RESF et parrains républicains mobilisés

"On ne comprend pas bien" cette demande de "libération" des lieux, explique Dominique Boué, de l’association Droit au logement de l’Indre (DAL 36). Selon lui, Coallia, l’association qui gère l’hébergement social à Châteauroux, n’a pas besoin de récupérer cet appartement en particulier. Il suffirait, dit-il, de décider qu’il devienne un hébergement permanent, et qu’un autre appartement devienne un hébergement d’urgence.

Il y a des solutions. Il y a plein de logements qui aujourd’hui sont inoccupés, en bon état, qui n’attendent que des personnes qui puissent les habiter. – Dominiqué Boué, DAL 36

"Il est quand même incroyable de faire sortir des gens qui sont installés dans un appartement", s’étonne Dominique Guillaume, du DAL également. Une poignée de militants de l’association et du Réseau Education sans frontière (RESF) se sont rassemblés dans l’appartement de la famille, mardi 28 février, pour réfléchir à de nouvelles actions.

Le but c’est de développer la solidarité et aussi de demander une entrevue avec le préfet pour discuter à bâton rompu de la situation de Fabricio et de sa famille. – Dominique Guillaume, DAL 36

La faute du préfet de l’Indre ?

Les militants accusent la préfecture de l’Indre de ne pas faire le nécessaire pour améliorer la situation de cette famille. D'abord parce que le service d'information, d'aide et d'orientation (SIAO) qui héberge la famille dans cet appartement de Coallia est placé sous la responsabilité du préfet, chargé d'assurer le respect de la loi, notamment en matière de droit à l'hébergement. En l'occurrence, aucune proposition de relogement ne leur a été faite.

Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment un dispositif d'hébergement d'urgence. - article L345-2-2 du Code de l'action sociale et des familles.

En outre, selon Mireille Pourinet, le préfet Seymour Morsy n’a pas accordé à Fabricio le statut d’apprenti qu’il demandait en septembre, alors qu’un patron voulait l’employer pendant son année de première en maintenance industrielle. Cela aurait pu changer beaucoup de choses, selon la marraine républicaine de Fabricio.

La situation de Fabricio n’est pas sans issue. Il a vraiment tout mis de son côté pour être complètement indépendant, ne pas être à la charge de l’Etat, puisqu’en tant qu’apprenti il aurait touché de l’argent. – Mireille Pourinet, marraine républicaine de Fabricio Jean-Claude

Contactée, la préfecture de l’Indre n’a pas donné suite à notre demande d’interview.