Société

Châtellerault : une retraitée vit sans chauffage car elle doit quitter son logement

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Poitou et France Bleu mercredi 9 novembre 2016 à 6:00

Le chauffe a été coupé à cette retraitée car elle doit quitter un immeuble en voie de démolition
Le chauffe a été coupé à cette retraitée car elle doit quitter un immeuble en voie de démolition © Radio France - Yassine Khelfa

Une retraitée âgée de 64 ans vit un véritable enfer depuis qu'elle sait que son immeuble va être démoli par son bailleur social à Châtellerault. Elle reste dans son appartement en attendant une proposition de relogement intéressante.

Pour aérer la pleine d'Ozon, certains anciens immeubles sont démolis. Les travaux doivent commencer au plus vite, ils ont été retardés à de nombreuses reprises et la Sem Habitat ne peut plus se permettre d'attendre. Mais ils ne peuvent pas commencer tant qu'il y a des locataires dans la résidence. Ils sont tous partis au fur et à mesure mais l'une d'entre elle fait la forte tête. Du coup, le bailleur social a été contraint de couper le chauffage. Mais le chauffage lui est toujours facturé. Le mois prochain, ce sont électricité, eau et gaz qui lui seront coupés. Qu'elle parte ou non !

"Je suis sous antidépresseurs, je vis avec dix degrés dans mon appartement et le chauffage d'appoint n'aide pas du tout ma santé car les odeurs de pétrole incommodent". — Marylène Ledoux

L'immeuble en voie de démolition dans la pleine d'Ozon  (Mme Ledoux habite au quatrième étage) - Radio France
L'immeuble en voie de démolition dans la pleine d'Ozon (Mme Ledoux habite au quatrième étage) © Radio France - Yassine Khelfa

Marylène Ledoux tient beaucoup à son appartement de la rue Alfred de Vigny situé dans la pleine d'Ozon en plein cœur de Châtellerault (Vienne). Elle se souvient "avoir galéré pour l'obtenir en 1993 alors en pleine instance de divorce et pressée de commencer une nouvelle vie avec sa fille qui faisait son entrée à la fac". La résidence de Vigny, c'était "le top", les appartements étaient neuf et surtout, elle pouvait se rendre à son boulot de couturière situé seulement à dix minutes à pieds. Son goût prononcé pour la déco et les belles choses la font rapidement changer son appartement du quatrième étage. Des sols en passant par la cuisine et la salle de bain, elle change tout. Son bailleur social, la Sem Habitat, elle ne lui fait plus confiance depuis "une série de travaux ratés dans son logement". À chaque épisode, elle passe de nombreuses heures au téléphone avec eux pour essayer d'obtenir réparation. Jusqu'à obtenir il y a moins d'un an et demi encore des travaux dans sa cuisine et salle de bain alors refaite à neuf. De ce fait, lorsqu'elle apprend la démolition des quarante logements de la résidence en mars 2015, elle tombe de haut.

Je relisais la lettre plusieurs fois, je n'y croyais pas vraiment j'en tremblais. comment est-ce possible qu'ils démolissent après avoir fait des travaux dans mon appartement ?

Après une retraite anticipée liée à une invalidité, Marylène Ledoux se voyait rester dans cet appartement le temps de sa retraite. Elle s'y plaisait et avait tout fait pour. Cette donnée du dossier, la Sem Habitat en est consciente. Le bailleur lui propose alors de déménager sa cuisine et sa salle de bain à leur frais dans un nouvel appartement. Mais madame Ledoux n'entend pas continuer avec la Sem Habitat. Elle refuse d'être relogée par le bailleur. D'après Frédéric Delacroix, responsable d'agence, "elle reste injoignable, n'ouvre pas à la porte et ne répond pas aux courriers même s'ils sont envoyés en recommandés".La principale intéressée justifiera ces absences par des problèmes de santé et des rendez-vous médicaux fréquents.

Des propositions dans le parc privé

La Sem Habitat sait que Madame Ledoux a contacté Habitat de la Vienne pour être relogée dans le privé. Pour l'instant, elle attend des propositions sur Montmorillon. Enfin, si elle accepte de quitter son bel appartement de la rue Alfred de Vigny. En attendant elle a contacté le maire de Châtellerault pour espérer "une sortie de crise".