Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Chenôve : une nouvelle association pour aider les proches de ceux qui souffrent d'addictions

-
Par , France Bleu Bourgogne

L'association Dépendances 21 à Chenôve vient de créer une nouvelle association pour aider et soutenir les familles de ceux qui souffrent d'addictions. Parce que les proches se sentent souvent bien seuls face à des maladies qu'ils ne comprennent pas.

© Maxppp - Lionel Vadam

Chenôve, France

"On a pleuré pendant 14 ans tous les matins devant notre café, et en deux ans seulement l'association nous a permis de revivre." André est encore très ému quand il parle des années de "galère" qu'il vient de traverser à cause de l'addiction de son fils au cannabis. Mais il a maintenant envie de tendre la main à d'autres familles et de s'investir dans la nouvelle association "familles et malades" que vient de créer Dépendances 21 à Chenôve. 

"Pendant dix ans j'étais invisible. On écoutait sa parole et pas la mienne."

Le sentiment des proches de ceux qui ont une addiction à l'alcool, à la drogue, aux jeux ou aux médicaments est le même. Ils se sentent isolés, mal-informés, et pas écoutés. Marie-Claude témoigne de son combat aux cotés de son fils pendant dix ans : "j'ai failli le perdre, j'ai failli partir avec lui, et personne ne m'écoutait, personne ne m'entendait, j'étais invisible. Les malades ont des soins, mais les familles on a rien, on écoutait sa parole et pas la mienne." 

Les malades mentent souvent pour cacher leur addiction, les médecins sont tenus au secret médical, et les familles passent donc des mois voire des années à essayer de comprendre, à s'énerver, à pleurer. 

Des proches qui s'épuisent en même temps que les malades

Le problème, c'est que les proches sont pleins de bonnes intentions, mais qu'ils ne sont pas professionnels et que bien souvent, ils ne savent pas s'y prendre face à une maladie qu'ils ne comprennent pas. Christian Decombard, le président de Dépendances 21 connaît bien le problème : "je buvais plus de 50 pastis par jour avec une demi-bouteille de vodka. Quand je descendais à 30 verres, pour moi c'était un grand progrès, mais _les proches ne peuvent pas comprendre ça_, pour eux rien ne change. Il faut qu'ils soient accompagnés pour pouvoir comprendre les rouages de ces maladies." 

André et Claudine ont fini par pousser la porte de l'association. C'est là qu'ils ont compris : "on n'est pas des professionnels, on fait beaucoup d'erreurs et c'est une catastrophe. Il faut que les familles contactent les associations, il y a des gens pour les écouter, il faut accepter de l'aide de l'extérieur. Quand on a rencontré Christian, notre fils nous a dit "enfin quelqu'un qui me comprend". Nous pendant des années, on a rien compris. Rien. On a fait que culpabiliser et s'énerver sur notre fils. Il ne faut surtout pas vouloir tout gérer, c'est impossible. Souvent les familles sont plus malades que le malade." 

Christian Decombard confirme que certains proches tombent eux-mêmes dans l'alcool à force d'épuisement. 

Depuis qu'ils ont contacté l'association, André et Claudine ont l'impression que leur vie a changé radicalement : "on vient de rentrer de vacances. On n'avait pas fait ça depuis des années. Ils ont pas résolu le problème, mais on revit aujourd'hui." 

Infos pratiques 

Pour contacter Dépendances 21, il faut appeler le 03 80 30 54 13 / 06 82 47 15 12 (Côte-d'Or) / 06 33 83 64 45 (Saône-et-Loire)