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Société

Chevigny-Saint-Sauveur : une nouvelle vie qui commence à l'école de la deuxième chance

mercredi 26 juillet 2017 à 19:56 Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne

Alors que la plupart des élèves et des étudiants sont en vacances, ceux de l'école de la deuxième chance à Chevigny-Saint-Sauveur travaillent encore. Il faut dire que leur école n'est pas tout à fait comme les autres. Ici, ils commencent une nouvelle vie, entre remise à niveau et alternance.

Cours de code de la route pour les élèves de l'école de la deuxième chance
Cours de code de la route pour les élèves de l'école de la deuxième chance © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Chevigny-Saint-Sauveur, France

Chaque année, 140 élèves intègrent l'école de la deuxième chance à Chevigny-Saint-Sauveur. Cette école, implantée depuis 2011, s'adresse aux jeunes de 18 à 30 ans qui n'ont pas ou peu de qualifications. Elle est financée par le Fonds social européen, l'Etat et les collectivités locales, et elle a pour objectif d'aider ces jeunes à se réinsérer dans la vie professionnelle.

Une aide à l'insertion professionnelle

Malou, Kévin et Kimberley ont des profils très différents. Leur seul point commun, c'est de ne pas avoir le bac, et d'avoir très envie de retourner dans la vie active. Kimberley par exemple a quitté l'école en première année de bac pro. La filière ne lui correspondait pas : " j'ai arrêté, et très vite j'ai commencé des petits boulots. J'étais plus jeune, alors quand on commence à toucher un peu d'argent, on se dit que l'école on en a marre et on en veut plus. " Mais comme elle veut se lancer dans l'hôtellerie haut de gamme, il lui faut une formation. Alors en plus du contrat qu'elle devra trouver en alternance, elle suit ici des cours de remise à niveau en maths, en français, et même de code de la route.

Les jeunes de l'école de la seconde chance doivent dessiner leur profil professionnel. Ils partent sur trois idées, ils font des stages, des périodes d'observations, avant de déterminer ce qui les intéresse vraiment. L'école les aide ensuite à trouver un contrat en alternance, grâce aux 800 entreprises partenaires.

Des parcours de vie parfois chaotiques

Si Kimberley a toujours enchaîné les petits boulots, ce n'est pas le cas de Malou, son camarade de promo. Lui, il avoue " sortir de deux années plus ou moins sabbatiques. " Décrochage scolaire et problèmes personnels, il a aujourd'hui complètement changé de vie : " avant je me levais vers 13 h - 14 h, aujourd'hui je me lève à 7 h, c'est un changement radical. C'est accessible à tout le monde, il suffit d'avoir la motivation. " Et la motivation, il l'a retrouvée grâce à l'école. Il a fait plusieurs stages, et son choix s'est arrêté sur le débardage de bois à cheval. Si tout se passe bien, après quelques semaines encore à l'école de la deuxième chance, il va commencer une formation qualifiante à Autun au mois de septembre.

Kévin lui vient tout juste d'arriver à l'école. Avant, il était en prison. Aujourd'hui, il veut laisser cette partie de sa vie derrière lui : " je galère depuis que j'ai 10 ans, maintenant j'ai 20 ans j'ai envie de m'en sortir. " C'est d'ailleurs en prison qu'il a entendu parler de cette école de la deuxième chance : " il a fallu que j'en arrive là, que je passe par la prison pour entendre parler d'un centre de formation qui est à 15 min de chez moi ", regrette t-il. Vendeur, auxiliaire de vie ou magasinier, il ne sait pas encore dans quelle filière il va s'orienter, mais ce qu'il sait c'est qu'il veut " un CDI, un bon petit CDI. On me donne une chance, je la saisis."

En moyenne, 55 % des jeunes font une " sortie réussie " de l'école, c'est à dire qu'ils sortent soit avec un travail, soit avec une entrée dans une formation qualifiante.