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Société

Paris-Roubaix : Christian Prudhomme veut continuer d'offrir gratuitement la course de leurs rêves aux supporters

vendredi 12 avril 2019 à 6:53 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord et France Bleu

Le directeur de Paris-Roubaix livre son pronostic avant la course de dimanche. Il promet également aux spectateurs un accès gratuit à l'ensemble de la course alors que le Tour des Flandres privatise certains espaces et avance des pistes pour réformer le cyclisme.

Christian Prudhomme, le directeur de Paris-Roubaix
Christian Prudhomme, le directeur de Paris-Roubaix © Maxppp - Stéphane Barbereau

Lille, France

Au lendemain du Tour des Flandres qui a vu la victoire surprise de l'Italien Alberto Bettiol (Education First), la 117ème édition de la Reine des Classiques paraît très ouverte pour Christian Prudhomme : "Après des années de domination de Tom Boonen et Fabian Cancellara, la victoire du champion du monde Peter Sagan l'année passée, on se demande si un inconnu ou un outsider ne va pas prendre le pouvoir à Roubaix".

Christian Prudhomme livre sa vision de Paris-Roubaix

Est-ce que le Tour des Flandres, avec une multiplication de tentes le long du parcours et un ticket d'accès très cher pour certains spectateurs, peut être un modèle à développer pour Paris-Roubaix : 

"C'est une conception assez différente. la Flandre belge est un territoire fou de vélo mais c'est une niche. Nous, nous sommes des locataires, si on a pas un(e) maire, un président de département pour les routes, et en l'occurrence ici, un président de région puisque les Hauts-de-France sont le premier partenaire, on n'a rien. Et les élus le disent, la force c'est le spectacle gratuit pour les gens du bord de la route et c'est pour moi absolument indispensable".

Je suis jeune et sémillant, je n'ai pas envie de partir et je vois mal des choses payantes se faire avec moi.

"Qu'il y ait des tentes pour VIP, par endroit, évidemment que cela a du sens, mais ça ne peut pas être le modèle dominant. C'est même antinomique du sport cycliste, de ses vertus sociales, de ce sport qui rassemble des gens sur le bord de la route pour Paris-Roubaix, pour le Tour de France, pour les 4 jours de Dunkerque, c'est ça le + important. Entre des gens qui sont prêts à dépenser de l'argent et d'autres qui sont au bord de la route pour un petit moment de bonheur qui ne leur coûte rien, il faut trouver un équilibre". 

Il faut que les gens du bord de la route puisse toujours avoir la course de leur rêve sans payer, leur Paris-Roubaix, puisqu'il est à eux.

Pourquoi avoir débuter la rénovation de la trouée d'Arenberg ?

"Depuis des années, Thierry Gouvenou, notre directeur des compétitions nous disait : il y a trop d'herbe, si d'aventure il pleut, tout le monde va être par terre et on ne peut pas rajouter du danger au danger. Pour ceux qui n'ont pas vu la trouée d'Arenberg revisitée,

Je vous garantie que c'est toujours extraordinairement compliqué et qu'elle va garder toute sa nature sans le moindre doute.

Faut-il d'autres modifications des règles du cyclisme international, après la diminution du nombre de coureurs dans chaque équipe ? Il y a toujours des débats sur l'oreillette et les capteurs de puissance...

Les oreillettes, je ne sais pas si c'est encore d'actualité comme débat, contrairement à ce que certains pensent, en revanche les capteurs de puissance oui.

On se heurte à une sorte de diktats des plus grosses équipes qui n'ont certainement pas envie que la glorieuse incertitude du sport puisse resurgir.

"Tous les fans de vélos et nous aussi comme organisateur ne rêvons que de cela. Peu importe le vainqueur, on veut une course dense donc c'est un match. Le bluff a disparu avec les capteurs de puissance. Les coureurs savent à l'instant T combien de temps ils vont pouvoir cet effort là et surtout ils ne se mettent plus jamais en zone rouge. La zone rouge, ça fait qu'à un moment, vous craquez et si vous craquez tout change. Le bluff que Bernard Hinault parfois utilisait, il n'est plus de mise et c'est bien dommage. On souhaiterait que cela puisse revenir comme tous les fans. L'UCI est sensible à cela mais ça ne bouge pas contrairement à ce que nous souhaiterions". 

On voit de plus en plus de courses rajouter des difficultés, des pavés. Paris-Tours, organisée par ASO (comme Paris-Roubaix) a ajouté des chemins de vigne l'an passé. Est-ce qu'à force d'imiter Paris-Roubaix, on ne va pas banaliser cette course ?

"Non, je discutais avec un journaliste américain du Wall Street Journal et il me confirmait ce que je sais : dans le monde, on ne connaît que deux courses : le Tour de Franc et Paris-Roubaix. Paris-Roubaix est au-dessus, c'est la Reine des Classiques avec ses pavés qui sont peut-être copiés mais jamais égalés".

Un pronostic pour dimanche ?

"Je ne donnerai pas de noms, j'ai remarqué que sur les 6 dernières années, ce sont 6 coureurs différents de 6 nationalités différentes. Il n'y a pas d'Italien, pas de Français alors rêvez un peu, Frédéric Guesdon c'était 1997, ça fait 22 ans [qu'un Français n'a pas gagné]. ils ne sont pas favoris les Adrien Petit, Damien Gaudin, Arnaud Démarre mais sait-on jamais".