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Société

CHRONOLOGIE : L'histoire des enfants réunionnais déplacés en métropole

mercredi 29 janvier 2014 à 19:14 - Mis à jour le lundi 17 février 2014 à 16:12 Par Géraldine Marcon, France Bleu Creuse

On l’appelle l’affaire des Réunionnais de la Creuse car c’est dans ce département qu’ils ont été les plus nombreux, 215, mais sur dans les années 60 et 70, ce sont 1.630 enfants au total qui ont été exilés de l'île de la Réunion vers des départements souffrant d'exode rural.

Certains de ces enfants réunionnais dans les années 60 en France et quarante ans plus tard
Certains de ces enfants réunionnais dans les années 60 en France et quarante ans plus tard © Générations Brisée -Jean-Charles Pitou

De 1963 à 1982, sous l’égide de Michel Debré, alors député de la Réunion, le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer (Bumidom) a décidé d'envoyer plusieurs centaines d'enfants réunionnais en métropole. A l'origine du déplacement forcé de 1.630 enfants, orphelins ou non, la volonté de repeupler les départements ruraux de métropole tout en allégeant la démographie galopante de l'île. Á ces enfants et à leurs parents on promet une vie plus facile, des études et un travail assuré. Si certains ont pu s'adapter à leur nouvelle vie, nombreux sont ceux qui recherchent encore leur famille biologique et leurs racines.

Réécoutez le magazine Interception réalisé en 2002 pour France Inter par Isabelle Bissey, journaliste à France Bleu Creuse.

Cinquante plaignants, 20 procédures

En janvier 2002, Jean-Jacques Martial, un de ces Réunionnais, exilé en Creuse, fait éclater l'affaire au grand jour. Il porte plainte contre l’État pour « enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation » et réclame un milliard d'euros de réparation. Plusieurs procédures judiciaires vont suivre, une vingtaine au total, mais aucune n’aboutira. En 2011, la Cour européenne des droits de l’homme clôt l’épisode juridique. Sans possibilité d'obtenir réparation par la justice, les victimes de ce déplacement forcé veulent tout de même que leur histoire dramatique soit reconnue par la France.

Retrouvez les témoignages de Lydie, Simon et Geneviève sur France Bleu Creuse.

Un premier pas vers une reconnaissance de l'État

La reconnaissance pourrait s'amorcer ce mardi 18 février avec le dépôt par la députée réunionnaise Ericka Bareigts d’une proposition de résolution devant l'Assemblée nationale. Cette résolution relative aux enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960 et 1970 veut "que la connaissance historique de cette affaire soit approfondie et diffusée, considère que l’État a manqué à sa responsabilité morale envers ces pupilles et demande enfin à ce que tout soit mis en œuvre pour permettre aux ex-pupilles de reconstituer leur histoire personnelle".

La députée Ericka Bareigts souhaite que cette histoire puisse être connue de tous.

Philippe Vitale est maître de conférences en sociologie à l'université d'Aix-Marseille, spécialisé dans la sociologie de l'éducation et de la culture, il est l'un des auteurs de l'ouvrage "Tristes tropiques de la Creuse" paru en 2004 aux Éditions K'A.

Pour Philippe Vitale, sociologue, la résolution n'est qu'une première étape.