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Société

CHU de Grenoble : le rapport est en ligne

lundi 8 janvier 2018 à 18:29 Par Laurent Gallien, France Bleu Isère

Commandé par le ministère de la santé après le suicide d'un médecin début novembre, le rapport du "médiateur national pour l'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé" est en ligne depuis ce lundi matin sur le site du ministère. Comme l'avait promis Agnès Buzyn.

Le CHU de Grenoble-Alpes a un problème de management selon le rapport Couty
Le CHU de Grenoble-Alpes a un problème de management selon le rapport Couty © Maxppp -

Grenoble, France

C'est la ministre de la santé elle-même qui avait attiré l'attention sur l'état du CHU de Grenoble Alpes, en répondant le 20 décembre dernier à l'Assemblée Nationale à une question du député République En Marche de l'Isère Olivier Véran. Agnès Buzyn affirmait qu'il y a des "cas graves de harcèlement" en s'appuyant sur un rapport commandé par ses soins le mois précédent. A la suite du suicide sur son lieu de travail le 2 novembre d'un neurochirurgien de 36 ans très apprécié. 

Devant les remous provoqués et après un rendez-vous le vendredi 4 janvier avec la direction du CHU à Paris, la ministre de la santé avait annonçait qu'elle rendrait public ce rapport ce lundi. Elle a tenu parole. Assortissant la publication de la demande à la direction du CHU "d’élaborer sous un mois un plan d’action pour rétablir un climat interne serein et des relations de travail de qualité".

Les douze pages rédigées par Edouard Couty, "médiateur national pour l'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé", ne sont évidemment et il le reconnait lui-même, qu'une vue partielle du sujet basée sur l'audition de "plus de 30 personnes", au cours de "trois journées de présence" sur place à Grenoble, mais il y a quelques constats sévères.

Un suicide aux motivations personnelles mais...

Concernant le suicide du praticien certes dit le rapport "La lettre qu’il a laissée montre, au dire des personnes qui ont pu en prendre connaissance, qu’il a été poussé par des motifs personnels" mais Edouard Couty poursuit, "Il n’en reste pas moins que le choix du lieu a une signification". Ce suicide intervenu au sein d'un service en tension, chamboulé par une réorganisation d'ampleur, n'a fait qu'ajouter au "traumatisme", pour un service décrit aujourd'hui comme "dans une situation de forte tension, et de grande fragilité".

Guerre des chefs et management "incompris"

Concernant deux autres services : néphrologie et réanimation médicale, ce sont des conflits entre praticiens hospitaliers qui laissent des cicatrices édifiantes selon le médiateur. Des conflits entre praticiens jeunes et plus âgés ou entre praticiens "du CHU" et d'autres arrivant de l’extérieur qui vont jusqu'à des arrêts maladie, des retraits et des services "balkanisé" ou en "situation délétère".

Enfin le rapport n'épargne pas la chaîne de direction tout entière du CHU, trop focalisée sur les questions de moyens : "Si les dimensions financières et d’activité sont justifiées et légitimes, il manque une attention particulière aux difficultés et aux souffrances des personnels (médicaux en l’occurrence), il manque un accompagnement et une gestion personnalisée des personnes en grande difficulté, il manque enfin une meilleure articulation entre médecine du travail, CME et direction". Un management qui a d'importants défauts de communication également insiste le rapport.

Dans un communiqué ce lundi soir le conseil de surveillance du CHU Grenoble-Alpes, présidé par le maire de Grenoble Eric Piolle, explique que "à l'unanimité" tous les acteurs de l'hôpital public ont "exprimé leur volonté de se saisir de ces circonstances pour modifier profondément le mode de gouvernance et retrouver une cohésion d'Etablissement forte". Communiqué qui souligne que "le harcèlement institutionnel [...] a été exclu par Madame la Ministre."