Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Chute du Mur de Berlin : "je pensais que c'était impossible", raconte une Allemande installée dans la Loire

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

C'est ce samedi le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. La frontière entre Allemagne de l'Ouest et Allemagne de l'Est, Susanne Müller-Bonnet l'a connue toute son enfance.

Susanne a grandi en Allemagne de l'ouest, à 30 kilomètres de la frontière avec la RDA.
Susanne a grandi en Allemagne de l'ouest, à 30 kilomètres de la frontière avec la RDA. © Radio France - Tifany Antkowiak

Mizérieux, France

Ceux qui l'ont vécu, sur place ou à travers les images diffusées à la télévision, se souviennent forcément de ce qu'ils faisaient au moment où le Mur de Berlin est tombé il y a exactement  30 ans, le 9 novembre 1989. Ce moment historique de liberté et de paix, Susanne Müller-Bonnet, une Allemande installée à Mizérieux (Loire) s'en souvient évidemment. Elle se se souvient surtout qu'elle avait du mal à réaliser ce qu'il se passait, d'autant plus qu'elle se trouvait alors en Angleterre pour ses études. 

"J'ai vu les gens sauter sur le mur, les gens qui chantaient et je me suis dit 'mais c'est pas vrai'... je pensais que c'était impossible", raconte la professeure d'anglais et d'allemand à domicile. Si la chute du Mur de Berlin lui paraît si invraisemblable, c'est parce que Susanne ne connaissait pas d'autre réalité que celle d'une Allemagne divisée entre Est et Ouest,  une réalité particulièrement forte à Fulda, où elle est née en 1963, en plein centre de l'Allemagne actuelle. Mais à l'époque, la ville se trouve en Allemagne de l'Ouest, à seulement 30 kilomètres de la frontière avec la RDA.

Susanne ne se souvient pas de sa ville sans soldats américains dans son enfance, mais elle ne se posait pas de questions sur cette présence militaire : "il y avait des manoeuvres, des hélicoptères, mais on ne parlait pas de ça, pour nous c'était normal". C'est seulement après plusieurs années d'école qu'elle comprend qu'elle vit dans une zone à risque : "au cas où le communisme voulait attaquer les capitalistes, nous, la première bombe tombait à Fulda... c'est pour ça qu'il y avait tous ces soldats américains; ma région était en zone américaine"

Des "Trabi" partout

Ce sentiment d'être l'ennemie, elle le ressent lors des contrôles à la frontière les rares fois où elle se rend l'Est avec son père. Elle explique qu'à chaque fois, elle se fait le plus discrète possible. Avec ce contexte qui marque toute son enfance et adolescence, Susanne n'en revient pas quand le Mur de Berlin tombe. Au-delà des images de liesse diffusées à la télévision, sa première image à elle de l'Allemagne après la chute du Mur, c'est une photo qu'elle prend quelques semaines après le 9 novembre 1989, lorsqu'elle revient dans sa ville de Fulda : "sur la place de la cathédrale, où normalement il n'y a rien du tout, il y avait plein de Trabi !". La Trabi, c'est la Trabant, la voiture emblématique des Allemands de l'Est.

Trente ans après, Susanne a le sentiment qu'il reste des différences entre l'ex-Allemagne de l'Est et l'ex-Allemagne de l'Ouest, sur le plan économique notamment. Et chaque fois qu'elle retourne dans sa région natale, elle dit repenser à cette frontière avec laquelle elle a grandi. Mais elle préfère avoir un regard optimiste sur ce pan important de l'histoire de l'Allemagne, et reste persuadée que les murs qui séparent des peuples aujourd'hui peuvent tomber partout. Même là où cela semble impossible. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu