Société

Cigarettes électroniques : 90% des liquides ne sont pas conformes, selon la répression des fraudes

Par Julien Baldacchino, France Bleu mercredi 30 septembre 2015 à 8:15

Près de trois millions de Français vapotent régulièrement
Près de trois millions de Français vapotent régulièrement © Maxppp

Une enquête publiée mardi soir par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes épingle sévèrement les fabricants des produits pour cigarettes électroniques. Pour 90% d'entre eux, la composition indiquée sur l'étiquette n'est pas correcte.

Il y a de "nombreuses anomalies" dans les compositions et l'étiquetage des cigarettes électroniques et des produits qui les composent. C'est ce que conclut une étude de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rendue publique mardi soir. 

Alors que selon les chiffres de l'Inpes, 3 millions de Français vapotent régulièrement, et même 1,5 million quotidiennement, cette enquête menée en 2014 aboutit à un résultat sans appel : 90% des liquides testés, et la quasi-totalité des chargeurs, ne sont pas conformes, et peuvent même s'avérer dangereux. 

Des taux de nicotine erronés

Dans le détail, les examens effectués sur 110 liquides de recharge ont permis à la DGCCRF de constater que 90% d'entre présentent "un étiquetage non adapté à la composition du produit analysé", avec par exemple des taux de nicotine erronés voire absents des étiquettes. Et 6% des produits sont même considérés comme dangereux, parce qu'ils ne disposent pas de logo "danger" sur l'étiquette, ou de fermeture sécurisée pour les enfants.

Du côté des chargeurs, sur 14 modèles passés au crible, 13 ont été déclarés non conformes dont 9 dangereux en raison des risques de choc électrique liés à un défaut d'isolation", selon la répression des fraudes. 

56.000 retraits et rappels de produits

Conséquence : la DGCCRF a procédé à "plus de 1.300 saisies de produits" et à pas moins de "56.000 retraits et/ou rappels de la commercialisation", plus des procédures contentieuses. Dans ce marché qui pesait 395 millions d'euros en 2014, l'organisme assure qu'il va "continuer ses enquêtes visant à contrôler ce secteur d'activité", tout en assurant être "en contact permanent avec les professionnels du secteur afin que la réglementation soit davantage respectée".