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Dossier : 75e anniversaire du Débarquement

Stéphanie, guide à Colleville-sur-Mer : "mon grand-père a cédé ses terres pour la construction du cimetière américain"

Stéphanie Le Bris est guide depuis 2007 au cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Un endroit qu'elle connait depuis son enfance, et pour cause : son grand-père a cédé une partie de ses terres pour que le cimetière voit le jour. Une vraie histoire de famille...

Stéphanie Le Bris avec des photos de sa famille
Stéphanie Le Bris avec des photos de sa famille © Radio France - Philippe Thomas

Ses grands-parents agriculteurs habitaient Colleville-sur-Mer bien avant la guerre. Son grand-père est fait prisonnier dès 1940. Il revient en mai 1945 de sa captivité en République Tchèque. Il décide alors rapidement de faire un tour de ses terres et découvre qu'une partie d'entre elles est utilisée comme morgue, de nombreux cercueils de soldats américains étant déposés ici, en attente d'être envoyés au pays ou enterrés sur place. On demande alors à son grand-père s'il est d'accord pour que ses terres soient utilisées pour construire le cimetière américain. "Il a accepté parce que pour lui c'était une façon de remercier ce qu'avaient fait ces jeunes pour sa liberté. Pour ma grand-mère, qui a vécu tout le débarquement à Colleville-sur-Mer, c'était aussi une évidence" se souvient Stéphanie Le Bris qui, toute petite, cueillait des mûres sur les terres familiales, à côté de l'entrée du cimetière.

Stéphanie Le Bris avec l'une de ses collègues Karen Lancelle
Stéphanie Le Bris avec l'une de ses collègues Karen Lancelle © Radio France - Philippe Thomas

Adulte, Stéphanie Le Bris devient agent de voyage à Paris. Un jour, son père lui annonce que des postes sont à pourvoir au cimetière américain. Nous sommes en 2007, le site ouvre un centre des visiteurs (son propre musée) qui nécessite l'embauche de plusieurs guides. Stéphanie retrouve alors des terres qu'elle n'a jamais vraiment quittées. C'était il y a douze ans. "Ce sont de belles années, on fait de belles rencontres avec les vétérans et les familles. On vit des moments toujours uniques et très touchants. Et moi qui n'ai pas fait d'études d'historienne, j'ai appris sur le terrain !" souligne Stéphanie.

Les vétérans ? Ils sont touchants car malgré les horreurs de la guerre, ils conservent toujours une pointe d'humour

Un souvenir marquant concernant les rencontres ? "Oui, je me souviens, c'était en 2016. J'ai escorté la fille de Robert Williamson qui était dans la 29ème division, il décède le six juin sur la plage d'Omaha. Et ce jour-là, cette dame qui avait l'habitude de venir - mais qui était affaiblie, elle était en fauteuil roulant - dit à son père : "voilà papa, c'est la dernière fois que je suis là, je ne reviendrai plus jamais sur ta tombe." Dans ces moments-là, on a beau être guide, on a du mal à ne pas lâcher une larme" confie Stéphanie Le Bris qui a gardé contact avec cette femme qui n'a jamais connue son père (elle est née quelques mois après le débarquement). Pour garder le lien, la guide continue encore aujourd'hui à lui envoyer des photos et à fleurir la tombe du jeune soldat. 

Un cadre de travail unique sur une p(l)age d'histoire
Un cadre de travail unique sur une p(l)age d'histoire © Radio France - Philippe Thomas

Stéphanie Le Bris s'apprête à revoir certains vétérans avec toujours autant de plaisir. "Ils sont très touchants car malgré les horreurs de la guerre, ils conservent toujours une pointe d'humour, un mot qui fait sourire. Certains deviennent un peu nos amis, demandent de nos nouvelles. Nous ne sommes pas simplement des guides. Ce métier, c'est sans regrets car on vit ici des moments uniques." Avec un nouvel épisode qui s'écrit en ce 75ème anniversaire, l'un des derniers avec des vétérans encore vivants.

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