Société

Cinq jeunes d'un centre éducatif fermé courent "pour la paix"

Par Charlotte Coutard, France Bleu Bourgogne jeudi 10 novembre 2016 à 22:44

Le CEF de Valence court pour la paix.
Le CEF de Valence court pour la paix. © Radio France - Charlotte Coutard

Ils ont été rattrapés par la justice et placés dans un centre éducatif fermé, mais ils ont décidé de "courir pour la paix". Cinq jeunes sont partis de Valence mardi direction Paris, pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Ils faisaient étape à Dijon ce jeudi soir.

Cinq jeunes ans d'un centre éducatif fermé de Valence ont décidé de se rendre à Paris, pour les commémorations des attentats du 13 novembre 2015, en courant à pied ou à vélo. Ils sont partis mardi de Valence dans la Drôme, sont passés par Lyon et Mâcon, et ils étaient ce jeudi soir à Dijon. Ils repartent ce vendredi direction Auxerre, puis Fontainebleau, et enfin Paris. Au total, ils auront couru 600 kilomètres pour la paix, pour rendre hommage aux victimes des attentats.

Déjà 300 kilomètres parcourus...

Ces jeunes de 16 et 17 ans ont été placés dans ce centre par décision de justice. C'est Amide, leur éducateur sportif, qui a eu l'idée de cette course pour la paix après les attentats du 13 Novembre. Les jeunes se sont portés volontaires. "Quand on avait proposé ça, on avait une souffrance par rapport à ces victimes. Chaque kilomètre que l'on fait, ça évacue ce malaise, cette souffrance".

Reportage France Bleu Bourgogne

"Ca va rester dans nos mémoires à vie, tout le temps" (Amide).

Ils viennent de faire 300 kilomètres en trois jours, sous la pluie, le vent et parfois la neige, mais ils ont encore le sourire. Hors de question d'abandonner, même si c'est dur.

"C’est pour les victimes, ça encourage"

"Il y a une motivation, ça nous a vraiment touché"

"C'est vraiment tragique ce qui s'est passé, je suis vraiment touché".

Alors bien entendu, ces cinq jeunes courent pour les victimes des attentats, mais aussi pour eux, pour "montrer qu'on peut être là pour les personnes", qu'on "est tous capables de faire des choses bien".

"C'est pour les victimes, et pour moi aussi. Pour prouver quelque chose, que je peux faire ça".

Le CEF de Valence court pour la paix. - Radio France
Le CEF de Valence court pour la paix. © Radio France - Charlotte Coutard

...et encore 300 kilomètres avant l'arrivée à Paris

Alors avant même l'arrivée, le but est atteint pour Emmanuelle Morcel, directrice du centre éducatif fermé de Valence. "Cette vie ensemble en dehors du centre, dans des épreuves autant physiques que psychiques, c'est une excellente école, on gagne du temps par rapport à tout ce qu'on a à travailler avec eux". C'est également l'analyse d'Anne Mimoune-Prats, psychologue au centre. "L'idée, c'est de vivre une expérience collective, émotionnelle, et puis un projet citoyen, pour des jeunes qui ont connu un parcours chaotique. D'être dans une démarche positive, dans une démarche de réparation. C'est une manière de prendre soin de l'autre, de penser à l'autre, de le réparer. C’est très riche. Ils relèvent le défi, ils se surpassent".

Anne Mimoune-Prats

"C'est une expérience qui va les marquer toute leur vie" (Anne Mimoune-Prats).

Les 5 jeunes et les 6 adultes qui les accompagnent ont passé la nuit dans un gîte. Ils quittent Dijon ce vendredi matin direction Auxerre, puis ils seront samedi soir à Fontainebleau, et dimanche à Paris pour les commémorations des attentats du 13 novembre. Ils seront reçus par l'équipe du restaurant le Petit Cambodge, là où 14 personnes sont mortes il y a un an. Puis tout le monde rentrera en mini-bus et camping-car à Valence.

Le projet coute 7 000 euros, financés par des subventions - la protection judiciaire de la jeunesse, la CAF et le Rotary Club de Valence - et par le budget du centre éducatif fermé de Valence.

Le CEF de Valence court pour la paix. - Radio France
Le CEF de Valence court pour la paix. © Radio France - Charlotte Coutard

À lire aussi

Valence : quand les attentats de Paris aident à se reconstruire.