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Société

La guerre autour du circuit automobile d'Albi

jeudi 6 septembre 2018 à 3:25 Par Sarah Mansoura et Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Une partie des habitants du Séquestre, sont excédés par le bruit causé par le circuit d'Albi, à quelques dizaines de mètres de leurs maisons. Le gestionnaire du site se retranche derrière l'arrêté d'homologation. Et le litige traîne en procédures depuis trois ans.

Voitures, motos, camions tournent environ 200 jours par an sur le circuit d'Albi.
Voitures, motos, camions tournent environ 200 jours par an sur le circuit d'Albi. © Radio France - Sarah Mansoura

Albi, France

Plusieurs dizaines d'habitants du Séquestre, près d'Albi, sont au bord du court-circuit.  Ils vivent à quelques centaines, voire quelques dizaines de mètres du mythique circuit d'Albi, en activité depuis 1962. Le plus vieux circuit français permanent encore en activité a toujours été en service depuis les années soixante, mais l'activité a décuplé depuis 2015. Et avec, les nuisances sonores.

En effet, la mairie d'Albi, propriétaire, a cédé la gestion du circuit à une société, DS Events, via une délégation de service public, en mai 2015. Depuis, le circuit tourne à plein régime, ou presque : on dénombre environ 200 jours d'activité par an, selon Grégor Raymondis, le directeur du site. "Mais une journée d'activité est comptée dès lors qu'un seul véhicule est sur la piste", tient-il à préciser. Et sur ces journées, le bruit peut aller jusqu'à 95 décibels, en vertu d'un arrêté d'homologation qui précise les modalités d'utilisation du circuit.

Code de la Santé publique ou arrêté d'homologation ?

Pour les riverains, la situation est insupportable. Tous installés après la construction du circuit, ils expliquent avoir acheté ou fait construire en connaissance de cause. Mais pour douze jours de bruit par an. "On s'en accommodait très bien, on savait qu'il y allait y avoir douze jours bruyants dans l'année, c'était parfaitement acceptable", explique Annie Bedel, qui habite à quelques dizaines de mètres de la piste. "Maintenant, je quitte ma maison dès que je le peux, c'est devenu insupportable", poursuit-elle. "Parmi les riverains il y a des gens qui sont en dépression", renchérit Christian Houlès. "Je suis obligé de mettre des boules Quiès, avec un casque anti-bruit, fenêtres double-vitrage fermées".

Je suis obligé de mettre des boules Quiès, avec un casque anti-bruit, fenêtres double-vitrage fermées — Christian Houlès, riverain militant anti-bruit.

Les riverains ont retrouvé l'espoir grâce à un décret, pris il y a un an, en août 2017. Il doit limiter plus drastiquement le bruit autorisé, en modifiant le Code de la Santé publique, notamment en prévoyant des sanctions si le voisinage est atteint par des bruits dépassant de 5 décibels le bruit ambiant, soit environ 55 ou 60 décibels. Mais pour l'instant la préfecture du Tarn ne fait pas appliquer la loi au niveau local. DS Events peut donc continuer prendre pour référence la réglementation sportive, moins restrictive. Soit 95 décibels. "Nous sommes déjà à 5 décibels de moins que la plupart des autres circuits français", fait valoir Grégor Raymondis.

C'est un tout petit groupe de retraités mécontents. Tous les circuits de France, les aéroports, les festivals, les industriels doivent composer avec une frange minoritaire de réfractaires, c'est ainsi. — Gregor Raymondis, directeur de la société qui exploite le circuit

"C'est énervant, c'est usant, c'est continuel" - Jean-Charles Balardy, adjoint au maire du Séquestre

Des réunions de médiation, et de nouveaux incidents

Depuis le mois de juin, la préfecture du Tarn a mis en place des réunions de médiation. Il y en a eu trois en juin, la prochaine est fixée le 13 septembre. Les autorités ont demandé à DS Events d'installer des capteurs acoustiques pour avoir enfin des mesures précises du bruit. Dernier épisode procédurier :  cette convocation de deux médecins du Séquestre devant l'Ordre régional le 4 septembre. À l'origine de cette mesure de discipline, la plainte déposée par la société contre les deux praticiens pour certificats médicaux non conformes. Parmi les pièces versées au dossier par les militants anti-bruit, des certificats attestant des conséquences physiques ou psychiques de l'exposition au bruit. Trois documents pointent du doigt le circuit comme à l'origine de ces maux mais ne porteraient pas la mention "selon les dires des patients". Des certificats un peu trop orientés contestés par DS Events. L'Ordre régional des médecins publiera sa décision le 28 septembre.