Société

Clermont-Ferrand : le service psychiatrie du CHU sous tension

Par Jade Peychieras, France Bleu Pays d'Auvergne jeudi 1 décembre 2016 à 7:30

Les soignants souhaitent notamment être constamment associés en binôme.
Les soignants souhaitent notamment être constamment associés en binôme. © Radio France - Géraldine Marcon

Les aides-soignants et les infirmières de nuit sont inquiets pour leur sécurité et pour celle des patients. En plus d'un manque d'effectifs chronique, la future réorganisation de leurs services pourrait dégrader davantage leurs conditions de travail.

Situation tendue au service psychiatrique du CHU de Clermont-Ferrand. La nuit, dans un bâtiment d'une petite centaine de patients, seulement six soignants : deux infirmières et un quatre aides-soignants. "En psychiatrie, on n'est pas chez les Bisounours", alerte une infirmière, qui préfère garder l'anonymat. "Nous sommes amenés à traiter des sociopathes, des psychopathes, des patients qui peuvent parfois devenir agressifs ou violents. Mais si c'est bien géré, avec suffisamment de personnels, le conflit peut être rapidement réglé". Ce qui n'est pas le cas actuellement, dénoncent les syndicats.

En cas de clash violent, lorsque les soignants sont amenés à attacher le patient, la procédure de contention nécessite ainsi l'intervention de cinq soignants. Le dernier se retrouve alors seul pour gérer tous les autres patients, et potentiellement en danger si l'un de ces patients devient agressif. Autre inquiétude : comment faire lorsque plusieurs conflits éclatent en même temps à différents endroits du bâtiment ?

De plus en plus de soignantes

Une situation déjà difficile, que les soignants ont peur de voir se dégrader : ils craignent notamment une réorganisation prochaine du service, avec le remplacement de certains aides-soignants par des infirmières. Ici, pas de problème de compétences, mais plutôt de carrure, explique Marie-Claude Villemin, représentante syndicale : "Les infirmières sont souvent des femmes, avec moins de force physique que les aides-soignants, qui sont souvent des hommes".

Autre problème soulevé par les soignants : des absences généralement remplacées par de jeunes soignants peu expérimentés ni connaisseurs du milieu psychiatrique.

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