Société

Vél d'Hiv : Emmanuel Macron réaffirme la responsabilité de la France dans la rafle

Par Germain Arrigoni, France Bleu dimanche 16 juillet 2017 à 13:09 Mis à jour le dimanche 16 juillet 2017 à 18:38

Emmanuel Macron (illustration)
Emmanuel Macron (illustration) © Maxppp -

Le président de la République Emmanuel Macron a réaffirmé dimanche que "c'est bien la France qui organisa" la rafle du Vél d'Hiv en juillet 1942 et la déportation de milliers de juifs, lors d'une cérémonie de commémoration 75 ans après.

Il a inscrit ses pas dans ceux de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Emmanuel Macron a redit dimanche la responsabilité de la France dans la rafle du Vél d'Hiv de 1942 et a fustigé, sans la nommer, Marine Le Pen, pour ses récents "accommodements" sur cette page de l'histoire de France.

"C'est bien la France qui organisa" la rafle du Vél d'Hiv

Le chef de l'Etat, qui avait durant la campagne salué les "propos courageux" de Jacques Chirac, en 1995, sur "l'irréparable" commis par la France, a balayé toute forme de "repentance" dans cette reconnaissance qui fait la "grandeur" de la France.

"Si je suis ici parmi vous en ce jour sombre et solennel, c'est pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac, à qui je veux rendre particulièrement hommage aujourd'hui", a dit le chef de l'Etat lors d'une cérémonie de commémoration, à Paris.

Il y a 75 ans, plus de 13.000 hommes, femmes et enfants juifs étaient arrêtés par la police française les 16 et 17 juillet, à Paris et dans sa banlieue, puis entassés dans le Vélodrome d'Hiver avant d'être envoyés dans des camps nazis.

Marine Le Pen visée pour ses récents "accommodements"

Longtemps passée sous silence dans la France de l'après-guerre, la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs a été reconnue en 1995, puis réaffirmée par Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Une position qui a été remise en cause par la présidente du Front national Marine Le Pen qui, lors de la campagne, a estimé que la France n'était pas responsable, se référant "à l’ordonnance du 9 août 1944 qui a frappé d'inexistence juridique le régime de Vichy, régime collaborateur et illégal."

Sans la nommer, il l'a fustigée pour ses récents "accommodements" sur cette page de l'histoire de France : "Récemment encore, ce que nous croyons établi par les autorités de la République, avéré par tous les historiens, s'est trouvé contesté par des responsables politique français prêts" à faire reculer la vérité.

"Alors oui, je le redis ici, c'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachés les 16 et 17 juillet 1942 à leur domicile", a-t-il dit.

Présence du Premier ministre israélien Netanyahu

Présent à la cérémonie - une première pour un chef de gouvernement israélien -, Benjamin Netanyahu a rendu hommage aux "frères et soeurs assassinés uniquement parce qu'ils étaient juifs" et aux Français qui, "au péril de leur vie, ont sauvé leurs compatriotes juifs".

"Cette invitation pour commémorer ensemble main dans la main est un geste très fort, et elle témoigne de l'amitié profonde entre la France et Israël", a dit le Premier ministre de l'Etat hébreu, dont la venue a suscité des critiques, notamment du Parti communiste français.

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