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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Comment les manifestations des gilets jaunes dérapent à Montpellier

samedi 2 mars 2019 à 23:35 Par Adrien Serrière, France Bleu Hérault

Pour l'acte 16 des gilets jaunes à Montpellier ce samedi 2 mars, comme lors de nombreux week-ends précédents, la manifestation avait commencé dans une ambiance bon-enfant avant de basculer dans la violence. Le même scénario se répète semaine après semaine.

C'est souvent devant la préfecture que la tension s'accumule entre gilets jaunes et forces de l'ordre, jusqu'à faire basculer la manifestation dans la violence.
C'est souvent devant la préfecture que la tension s'accumule entre gilets jaunes et forces de l'ordre, jusqu'à faire basculer la manifestation dans la violence. © Radio France - Adrien Serrière

Montpellier, France

C'est souvent en milieu d'après-midi, vers 17h que la situation se tend à Montpellier. Après une première partie de manifestation calme et bon-enfant pendant laquelle les gilets jaunes ont parcouru les rues du centre-ville, ils se sont rassemblés ce samedi, comme à leur habitude, devant la préfecture. Là, un cordon de police bloque l'accès à l'angle du bâtiment. 

Provocations et réponse "disproportionnée"

Forces de l'ordre et gilets jaunes se font alors face et cela peut durer plus d'une heure. Quelques manifestants viennent au plus près des policiers ou gendarmes, scandant leurs chants habituels et parfois des slogans anti-police voire des insultes. D'autres restent plus en retrait. C'est régulièrement dans cette configuration que les choses s'enveniment. Ce samedi, pour l'acte 16, comme souvent, des manifestants ont lancé des bouteilles en verre vides, des œufs ou des pétards en direction des forces de l'ordre. "Quelques uns lancent des projectiles, c'est clair. Par contre, il y a une certaine démesure dans la riposte des forces de l'ordre et ça crée de la colère", commente Romain, street-medic à Montpellier. "Normalement ces jets ne devraient pas les énerver plus que cela puisqu'ils sont censés être protégés", assure de son côté Nicolas, manifestant.

Pluie de gaz lacrymogène

Ce samedi, c'est un pétard qui a déclenché la riposte des forces de l'ordre. Il a explosé très près des policiers présents. Ils ont utilisé une lance à eau ainsi que des grenades lacrymogènes pour éloigner les gilets jaunes. La tension monte alors très vite. Les insultes et les jets de projectiles fusent de la part des manifestants. Les lacrymogènes se multiplient en retour et, éventuellement, des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD), de plus en plus rares ces dernières semaines. 

De cette manière, les forces de l'ordre repoussent les gilets jaunes à l'extérieur du centre-ville, une tactique qu'ils réitèrent chaque samedi. Les gilets jaunes sont donc contraints de reculer et la ligne de front se déplace. 

L'arrivée des casseurs 

C'est dans ce déplacement chaotique et lent, les gilets jaunes ne reculant qu'une fois bombardés de lacrymogène, que les casseurs entrent en jeu. Tout en noir, visage dissimulé par un foulard ou une capuche, ces individus souvent très jeunes envahissent le cortège. Ce samedi, ils étaient une quinzaine, armés de marteaux, de barres de fer et de cailloux, détruisant les vitrines des arrêts de tram et le mobilier public et mettant le feu à des poubelles. 

Si la grande majorité des gilets jaunes désapprouve leurs exactions, beaucoup ont abandonné l'idée d'essayer de les empêcher de casser. D'autres, plus rares, se joignent aux casseurs pour s'attaquer aux vitres des banques, et uniquement des banques. "Moi je suis contre casser des arrêts de tram comme ils viennent de faire, mais des banques, oui", explique Lucas, gilet jaune, après avoir asséné des coups de pied pour faire tomber la vitre d'une Banque postale du quartier des Beaux-Arts.