Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Comment vraiment décrocher pendant vos vacances ?

La société va vite, chacun intègre de nombreuses injonctions, les psychiatres voient de plus en plus de patients stressés, surmenés, épuisés ! Il faut profiter des grandes vacances d'été pour se ressourcer.

Les grandes vacances d'été sont le moment idéal pour se re-ssour-cer.
Les grandes vacances d'été sont le moment idéal pour se re-ssour-cer. © Maxppp -

La société est exigeante, les choses vont vite, l'information circule très rapidement, nous sommes très sollicités. De plus en plus de Français se sentent épuisés, surmenés, dans un état de stress permanent. Les grandes vacances d'été sont donc le moment idéal pour se ressourcer. Mais comment ? 

DÉ-CRO-CHER ! C'est la clef pour bien se ressourcer pendant ses vacances, selon Olivier Dubois, psychiatre aux thermes de Saujon. "Il faut laisser son ordinateur, son téléphone portable".  Vous qui nous lisez, vous êtes peut-être sceptiques, comme beaucoup, mais le docteur Dubois assure que c'est possible. C'est comme le reste des vacances, ça se prépare : "cela correspond bien sûr à une disposition d'esprit, à un état psychologique auquel on accède, _il faut accepter de ne plus recevoir beaucoup d'appels, de couper le travail parce que plus le niveau de détente est important, plus on réussi_".  

Mettre de côté toutes les injonctions du quotidien 

Lâcher-prise prend néanmoins du temps, il faut mettre de côté toutes les injonctions du quotidien : ne pas s'énerver, être gentil ou encore bien travailler ... "Idéalement, il faut prendre deux ou trois semaines de vacances pour vraiment bien se relâcher", ajoute le psychiatre. 

Christian vient passer des vacances à La Rochelle avec sa femme Caroline. Il leur a fallu deux ou trois jours pour ne plus être sous contrôle. Et cela fait le plus grand bien à Caroline : "plus de montre, plus de portable, c'est plage restaurant. Ne pas courir après l'heure comme on le fait tout le reste de l'année".  

"On dort une heure et demi de moins en moyenne qu'il y a 40 ans et l'on consomme beaucoup plus de médicament justement pour arriver à se détendre"

Au thermes de Saujon, un quart des patients souffre burn-out ou d'épuisement ... parce qu'ils n'ont pas su lâcher prise. "C'est un signe très net de la difficulté de la société. On dort une heure et demi de moins en moyenne qu'il y a 40 ans et l'on consomme beaucoup plus de médicaments justement pour arriver à se détendre. C'est très difficile de passer d'un état de "je suis à fond" à un état de "je ne fais rien"". Une étude a été menée il y a deux ans aux thermes de Saujon, sur des patients admis en état anxiété. "Plus les patients sont dans un état de relâchement total, plus ils vont bien à quatre mois, la corrélation est très nette", souligne le psychiatre. 

"Nous sommes dans une société très cérébrale, où il y a beaucoup de contrôle. Il est essentiel que votre corps libère cette pression que le cerveau intègre en permanence"

A chacun maintenant de déterminer le meilleur moyen de se ressourcer : la montagne, la mer, des siestes à la maison ... "Il faut retrouver des sensations corporelles parce que nous sommes dans une société très cérébrale, où il y a beaucoup de contrôle, de maîtrise que ce soit dans les transports ou les relations au travail. Il est essentiel que votre corps libère cette pression que le cerveau intègre en permanence. Mais, il faut préparer son esprit : en visualisant son état de détente à venir. C'est un élément important!", insiste le docteur Olivier Dubois. 

20% des patients ne parviennent pas à se relâcher 

Toutefois, 20% des patients des sources de Saujon ne réussissent pas à se relâcher : "parmi eux, certains peut-être trouvent leur équilibre dans leur anxiété, de contrôle permanent, qui ont une espèce de capacité d'endurance même si ce n'est pas tout à fait souhaitable. Peut-être qu'ils y trouvent leur rythme de vie. Mais vous avez aussi des gens qui sont en état de stress prolongé, au bord de l'épuisement et s'ils continuent de garder contrôle, il n'est pas rare que ces patients craquent l'année suivante". 

Le docteur Dubois est inquiet : "nous avons de plus en plus de gens sur-stressés, épuisés. Attention ! Attention ! Il y a des conséquences sur la vie privée aussi, des couples qui se disputent, des parents qui gardent difficilement leur calme. On banalise un peu ces situations, je le redis attention. Il n'est pas surprenant pour nous médecins psychiatre que ces personnes consultent, parfois nous constatons même un état dépressif secondaire à cet épuisement durable"

Le prochain congrès médical à Saujon, les 27 et 28 septembre prochain, portera sur la notion de lâcher-prise, en présence du neuropsychiatre Boris Cyrulnik. 

Choix de la station

France Bleu