Société

Condamné à de la prison ferme pour avoir lancé une fausse alerte en mer

Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault lundi 13 mars 2017 à 17:58

La SNSM a réalisé 165 sauvetage en mer l'an dernier
La SNSM a réalisé 165 sauvetage en mer l'an dernier © Maxppp -

Un homme écope de quatre mois de prison ferme pour avoir lancé une fausse alerte en mer il y a près d'un an. Cette farce avait mobilisé de gros moyens pendant plusieurs heures. Une "acte irresponsable" dénonce la SNSM.

Son canular l'aura mené tout droit en prison. Un mauvais plaisantin a été condamné la semaine dernière par le tribunal correctionnel de Béziers pour avoir lancé une fausse alerte.

Ce jour d'avril 2016, il appelle deux fois les secours en mer pour signaler un bateau en détresse et un homme à la mer. Sa blague a mobilisé pendant plusieurs heures une vedette de la SNSM, Société Nationale de Sauvetage en Mer, une équipe de pompiers, la brigade nautique et l'hélicoptère de la gendarmerie... Pour rien.

"Voir de l'argent partir en fumée parce qu'une personne ne réfléchit pas à la portée de ses actes, ça nous pose un problème."

Il a été retrouvé grâce à son portable, jugé et donc condamné à 600 euros d'amende et quatre mois de prison ferme. Il n'a pas semblé comprendre la gravité des faits.

Pour la SNSM en revanche, il était important que la justice soit intransigeante. "Il y a deux risques dans cette affaire, explique Patrick Toustou, délégué de la SNSM dans l'Hérault. Le premier, c'est qu'en étant engagé sur une première opération, on ne peut pas aller porter secours à d'autres personnes qui seraient réellement en danger. Le deuxième : ce jour là il y avait une mer agitée. Les hommes et femmes qui sont à bord prennent des risques."

"Ce jour là, la mer était agitée. Les hommes et les femmes de la SNSM ont pris des risques". Patrick Toustou, délégué SNSM

Une blague de si mauvais goût, ce n'est pas si rare. Elles sont passibles de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. Pour la SNSM, elles ont un coût important.

Les sauveteurs embarqués sont bénévoles mais "une vedette a des coûts de fonctionnement, de carburant. On a déjà du mal à la SNSM, à boucler nos budgets alors voir de l'argent par tir en fumée parce qu'une personne ne réfléchit pas à la portée de ses actes, ça nous pose un problème", commente Patrick Toustou.

Au seuil de la colère

L'association espérait un jugement qui marque le coup, pour éviter que ces fausses alertes ne se multiplient et pour rendre justice aux bénévoles. "Quand on y va, sur un coup de fil, on abandonne la famille, le travail pour aller se porter au secours des gens, poursuit le délégué de l'association. Et quand c'est comme ça pour de faux, c'est très... désagréable. Le mot qui me vient à l'esprit je ne peux pas le dire."

Patrick Toustou, délégué de la SNSM pour l'Hérault et le Gard

Lui a déjà vécu ce type d'intervention, pour rien. Il y a trois ans par exemple. Il avait fallu faire appel à des hélicoptère venus de Hyères. "Quand on commence à faire des additions pour connaître le coût, ça fait peur. C'est très grave de conséquences. Parce que s'il y a autre chose en même temps on peut avoir des morts".

La SNSM de l'Hérault a porté secours à près de 300 personnes en mer l'an dernier. Elle compte 160 sauveteurs bénévoles "embarqués" dans le département pour sept stations. Elle intervient dans la moitié des sauvetages en mer.

Si le secours aux personnes est gratuit, pris en charge par l'État, une assistance concernant un bien matériel en revanche revient à la charge du propriétaire. La SNSM a un barème de tarifs : un forfait de 90 euros pour récupérer une planche à voile, 275 à 400 euros de l’heure si elle doit remorquer votre bateau. Entre 110 à 260 euros l'heure si elle fait appareiller une vedette.

L'État a décidé que la SNSM serait "grande cause nationale" cette année pour mettre en lumière son rôle et celui de ses 7.000 bénévoles.