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Dossier : Coronavirus

Confinement : un mur de pierres sèches pour protéger la Provence de la peste en 1721

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Par , France Bleu Vaucluse

Un mur de pierre a été bâti en cent jours sur les monts de Vaucluse pour protéger le Comtat Venaissin puis la France de la peste en 1721. Le mur est en ruines mais il témoigne des mesures - barrières contre une pandémie bien avant le coronavirus.

Le mur de la peste protégeait les habitants de l'avancée de la peste sur les monts de Vaucluse en 1721
Le mur de la peste protégeait les habitants de l'avancée de la peste sur les monts de Vaucluse en 1721 - A. Hocquel-VPA

Il y a trois siècles, la Provence voulait déjà se protéger d'une épidémie... en construisant un mur de pierres !

En 1720, quelques mois après l'arrivée de la peste à Marseille, le Comtat Venaissin décide de construire une barrière en pierre sèches sur plus de 20 kms pour protéger ce territoire du Pape autour de Carpentras. Des gardes armés vérifient que chacun a - comme aujourd'hui - une autorisation de circulation.

Un mur de pierres de deux mètres de haut

En quatre mois, les provençaux construisent 27 km de murs en pierre sèche. Cette barrière de 2 mètres de haut et 60 cm de large doit protéger le Comtat Venaissin de l'avancée de la peste. C'est l’architecte carpentrassien Antoine d’Allemand qui conçoit le mur de la peste. Il écrit dans ses mémoires conservées à Carpentras : "en 1720, je traçois depuis Saint-Hubert jusques à Saint-Ferreol les limites entre le Comtat Venaissin et la Provence, une ligne de 18 000 toises dont 6 000 toises faites avec un parapet de terre et un fossé au devant, et 2 000 toises avec des murs faits en pierre sèche. En 1720 (j'ai fait) le plan de cette ligne depuis Saint-Hubert jusques à Saint-Ferréol et de là en suivant la Durance jusques à son embouchure dans le Rhône et en remontant le Rhône jusques à Avignon dont la longueur est de 14 lieues".

Dérogation déjà pour circuler en 1721

Daniele Larcena est géographe. Cette spécialiste du mur de la Peste anime l'association Pierre Sèche en Vaucluse qui a inventorié le tracé et les vestiges du mur : "le Comtat Venaissin va développer mille soldats le long du mur. Pour circuler, il faut un bulletin de santé qui atteste qu'on vient d'un village non contaminé".  C'est l'équivalent de notre dérogation de sortie.

D'autres mesures barrières sont prises. Trois siècles avant la pandémie de coronavirus, la Provence se protège déjà de la même façon : "on interdit les marchés, plus aucune circulation. Les villages se ferment".

L'épidémie contourne le mur de la peste

En août 1721, retournement de situation : un mois après la fin du chantier du mur de la peste, la maladie évite la barrière de pierres sèches: "la peste arrive à Avignon et là, le Roi de France dit "maintenant, c'est vous qui avez la peste et donc c'est nous qui allons garder le mur pour protéger la Provence. Les comtadins qui avaient construit ce mur qui leur a coûté très cher ne n'en sont jamais remis"

Mais le mur de la peste a freiné l'épidémie : "les villages de Lagnes, Saumane, Méthamis ont eu moins de morts qu'autour d'Avignon".

Aragon fait rimer les ruines du mur de la Peste

Le mur a été abandonné dès la fin de l'épidémie. Les habitants des monts de Vaucluse parlait de la"ligne" qui serpente dans la garrigue. Le mur a servi de carrière de pierres sèches pour des constructions alentours. Le poète Louis Aragon sortira le mur de la peste de l'oubli en 1956 avec quelques vers dans "prose du bonheur d’Elsa" :

Et ce serpent ruiné sans rien qui tienne ensemble ses écailles

Le long cheminement qui est ce qui reste d’une muraille… 

On a depuis belle lurette oublié ce qu’il délimite 

Et que ce fut le grand terrain domanial de l’épidémie… 

En 1986, les passionnés de l'association Pierre Sèche en Vaucluse inventorient le tracé du mur et restaure les ruines. Un chemin de randonnée longe désormais le mur de la peste pour remonter le temps. 

Un mur de pierre en Vaucluse pour stopper une pandémie il y a 3 siècles

À lire sur le mur de la peste

Pour randonner et remonter le temps :

  • la fiche du sentier du Parc Naturel du Luberon (2 heures de marche)
Le mur de la peste
Le mur de la peste © Radio France - Philippe Paupert
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