Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Consommer local" : promesses oubliées, E.Leclerc vend du canard de Bulgarie à Bordeaux

Au mois de mai, après le confinement, l'enseigne E. Leclerc parlait de "booster les filières françaises". Mais il y a quelques jours, c'est bien du canard d'origine bulgare qui était vendu en promotion dans les rayons du Leclerc des Chartrons, à Bordeaux.

Du magret de canard "origine Bulgarie" vendu en promotion dans le centre E.Leclerc des Chartrons à Bordeaux en début de semaine
Du magret de canard "origine Bulgarie" vendu en promotion dans le centre E.Leclerc des Chartrons à Bordeaux en début de semaine © Radio France

Le "consommer local", les circuit courts, autant de notions qui ont connu leur heure de gloire pendant le confinement. Jusque dans les grandes surfaces qui ont repris à leur compte le soutien aux producteurs locaux. Mais visiblement, les bonnes intentions du printemps n'ont pas tenu jusqu'à l'été. Début août, l'hypermarché E.Leclerc des Chartrons commercialisait en promotion du magret de canard "origine Bulgarie", alors que la filière canard française, elle, ploie toujours sous les difficultés.

En mai, après le confinement, l'enseigne parlait de "booster les filières françaises". Il semble donc d'autant plus étonnant de trouver ces produits européens qui concurrencent la production française avec des prix très bas dans les étals, quelques semaines plus tard à peine. Lionel Candelon, producteur dans le Gers, membre du collectif "Les canards en colère", comprend d'autant moins que la Bulgarie est gravement touchée par la grippe aviaire.

De belles promesses non tenues

"On avait vu le canard bulgare quasiment disparaître des rayons pendant le confinement, décrit l'éleveur, on savait qu'il allait revenir, mais pas aussi vite quand même ! On espérait que la grande distribution tiendrait ses promesses au moins jusqu'à la disparition du Covid". La production bulgare n'est pas soumise aux mêmes normes, les coûts de production sont bien plus bas. Résultat dans les rayons : trois magrets en promotion à 9,50 euros.

Trois magrets de canard, origine Bulgarie, vendus 9,50 euros
Trois magrets de canard, origine Bulgarie, vendus 9,50 euros © Radio France

"Un kilo de magret bulgare se vend entre 4,50 et 5 euros. 10 à 11 euros pour un magret IGP Sud-Ouest, 12 à 13 euros pour un magret IGP Landes", précise Lionel Candelon. "On vend presque à perte, sans se tirer de salaire ou presque et on voit arriver ces produits dans les supermarchés. De la viande qui a fait 2 000 kilomètres quand elle pourrait en faire 20 ou 30. Nous, on fait mieux et on a deux ou trois ans de stock ! Ça met en colère !"

Le prix reste la priorité

Le Cifog, comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras, est défaitiste : "cette chaîne de distribution est une chaîne d'indépendants donc chacun a le choix de proposer ce qu'il veut, commente sa directrice, Marie-Pierre Pée. C'est difficile, on ne peut pas régenter un commerce. Les frontières européennes ont rouvert, les produits peuvent revenir". Elle renvoie les consommateurs à leurs responsabilités : "l'important c'est que les consommateurs puissent choisir en leur âme et conscience ce qu'ils veulent acheter. S'ils veulent aider les producteurs français, il faut joindre leurs actes à leur façon de penser".

Je n'achète pas le canard bulgare, 100% français pour la viande. C'est le moment de soutenir les producteurs français - des consommateurs bordelais

Le producteur gersois, Lionel Candelon, n'est pas du même avis. Les consommateurs ont leur rôle à jouer mais la production française ne peut de toute façon pas rivaliser en termes de coûts face aux centrales d'achat qui décident, seules, de la politique qu'elles mènent.

Sollicité, le groupe E. Leclerc n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess