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Société

Assèchement des ruisseaux : les Vosgiens se mobilisent contre la destruction des barrages

jeudi 28 juillet 2016 à 18:20 Par Lola Fourmy, France Bleu Sud Lorraine

Pour répondre aux normes européennes, la communauté de communes Terre de granite, dans les Vosges, a enclenché la destruction d’une vingtaine de barrages. Résultats, le réseau de canaux secondaires est asséché. La population s'est mobilisée ce mardi, à Vagney, dans les Vosges.

A l’aide de seaux, les agriculteurs, pêcheurs et amoureux de la nature ont pris de l’eau de la Moselotte pour la transvaser dans le ruisseau désormais à sec
A l’aide de seaux, les agriculteurs, pêcheurs et amoureux de la nature ont pris de l’eau de la Moselotte pour la transvaser dans le ruisseau désormais à sec © Radio France - Lola Fourmy

Vagney, France

Ils sont plus de soixante-dix, à s’être rassemblés ce mardi à Vagney dans les Vosges. En contrebas du «Pont de Nol » qui surplombe la Moselotte, agriculteurs, riverains et pêcheurs sont pour une fois tous d’accord pour dénoncer la situation. Tout a commencé il y a plusieurs années, les normes européennes ont changées, imposant la continuité écologique dans les cours d’eau. L’objectif est de détruire les obstacles comme les barrages ou les seuils - des constructions en pierre qui font comme une marche dans un cours d’eau - pour laisser passer les poissons et les sédiments.

Dans les Vosges, la communauté de communes Terre de granite a récupéré la compétence pour gérer le chantier. Elle a engagé un bureau d’étude, et lancé une enquête publique en 2014. Aujourd’hui, les travaux ont commencé, ils concernent une vingtaine de barrages au total, et l’un d’eux vient d’être détruit sur la Moselotte, avec pour conséquence, l'assèchement du réseau secondaire.

Le ruisseau situé dans le hameau de Nol, presque parallèle à la Moselotte, est donc désormais à sec sur plus de 2 kilomètres selon les agriculteurs. Une situation que la population a dénoncé en organisant une chaîne humaine. A l’aide de seaux, ils ont pris de l’eau de la Moselotte pour la transvaser dans le ruisseau désormais à sec.

Problème d’irrigation, disparition des poissons et stagnation des déchets

L'assèchement du réseau secondaire a des conséquences sur le travail des agriculteurs du secteur, ils sont une vingtaine à travailler le long de ces cours d’eau. Des cours d’eau qu’ils utilisaient jusque-là pour irriguer les champs, et abreuver les animaux. Ils vont désormais devoir trouver une autre source.

« Demain si les terres ne sont plus irriguées comme elles l’étaient, plus fertiles, on ne fera plus d’installations, ce sera des terrains morts. Et s’il n’y a plus d’installations, il n’y a plus d’agriculteurs, ce sera une vallée morte ! » Yohann Barbe président des JA des Vosges.

Ils étaient plus de soixante-dix, à s’être rassemblés ce mardi à Vagney dans les Vosges. - Radio France
Ils étaient plus de soixante-dix, à s’être rassemblés ce mardi à Vagney dans les Vosges. © Radio France - Lola Fourmy

Casquette en forme de carpe sur la tête et canne-à-pêche sous le bras, les pêcheurs se sont joints à la manifestation. Ils dénoncent la disparition des poissons dans ces cours d’eau. «Pour nous, il y a un désert pour la pêche, qu’est-ce qu’on va laisser à nos enfants? s’inquiète Daniel. Olivier lui, est venu pour son fils Eliot, pour qu’on puisse lui transmettre un patrimoine ». Olivier vient de reprendre une entreprise d’aquaculture à Nol, et la destruction des barrages a eu pour lui des effets dramatiques.

« Avec la baisse du niveau de la Moselotte, la nappe phréatique est au plus bas. Si ça continue à baisser, on va devoir fermer la pisciculture. On a 3.000 vairons morts, sans parler des truites et des brochets. Toute la reproduction de cette année a été tuée», explique Olivier, patron de Nol aquaculture.

Autre conséquence de l'assèchement de ce cours d’eau, les eaux usées stagnent désormais. Dans le hameau de Nol, une quinzaine de riverains voient leurs eaux usagées partir dans les ruisseaux, avant, les matières fécales étaient diluées par le courant, maintenant, tout reste devant chez eux.

 C’est comme si vous déversiez votre seau de toilettes dans un trou et il ne se passe rien, alors qu’avant, il y avait un phénomène de chasse ! » Christian, riverain et ancien architecte

Un choix réfléchi et calculé pour Terre de Granite

Les études préalables lancées par la communauté de communes Terre de granite avaient anticipé ce phénomène d'assèchement. Un phénomène qui ne devait concernait qu’un kilomètre du cours d’eau d’après Mathieu Zuanella, le chargé de missions environnement de la «Com-com». C’est la communauté de communes qui a décidé de prendre en main la restauration des ouvrages : sur 75 identifiés, 21 doivent faire l’objet de travaux. «Ils n’avaient plus d’usage, étaient souvent délabrés», précise Mathieu Zuanella. Mais le chargé de mission veut aussi rassurer, aux vues des conséquences, des équipes sont en ce moment sur le terrain pour étudier d’éventuelles solutions, il envisage aussi l’installation de passes à poissons sur certains cours d’eau pour éviter la destruction des barrages. Des travaux qui en tous cas devraient aboutir avant 2018, sous faute de pénalités. D’ailleurs Mathieu Zuanella confirme, «nous avons choisi la solution la plus efficace et la plus économique».