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Coronavirus : 6 questions à des psychiatres de la Manche

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Par , France Bleu Cotentin

17 psychologues de la Fondation Bon Sauveur de la Manche sont mobilisés aux côtés du SAMU 50 pour prendre en charge les appels relevant d'un soutien psychologique .

Des permanences téléphoniques assurées dans le Cotentin pour aider à gérer les angoisses de toute la famille
Des permanences téléphoniques assurées dans le Cotentin pour aider à gérer les angoisses de toute la famille © Radio France - Claire Leys

Questions aux Docteur Michel DAVID et Docteur Julien DERDOUR, psychiatres à la Fondation Bon Sauveur, qui intervient sur une grande partie du territoire de la Manche

Vers quels services orienter les personnes qui en auraient besoin ?  

Les consultations et activités non urgentes ont été déprogrammées dans nos services ambulatoires -notamment dans les Centres Médico-Psychologiques et les Hôpitaux de Jour. Mais des permanences téléphoniques sont mises en place pour maintenir le lien avec les patients et continuer à leur apporter des réponses et du soutien. Lorsque cela est nécessaire, des rendez-vous individuels peuvent encore être organisés (dans le respect des mesures barrières et règles de distanciation) pour les situations les plus critiques. Il ne faut donc pas hésiter à appeler les services dans lesquels on est habituellement suivis. Il y a aussi un suivi en pédopsychiatrie à distance. Et nous envisageons si cela est nécessaire d’utiliser un dispositif de télémédecine.  

Au niveau national, l’association Terra Psy – Psychologues sans frontières a mis en place une plateforme téléphonique gratuite avec des psychologues qui répondent de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h00 du lundi au vendredi au 0 805 383 922 

Quels sont les problématiques particulières que l’on recense actuellement, liées au coronavirus et au confinement ?  

A ce jour, les principales demandes sont un besoin de contenance de la part de nos patients. Ce besoin est conséquent de l’anxiété que génère l’épidémie de COVID et le confinement à la maison.  

Nos patients sont inquiets face à leur propre état de santé (car il est bon de rappeler que la majorité des patients souffrant de pathologie psychiatrique ont des comorbidités somatiques, à savoir troubles cardio-vasculaires, diabète, surpoids…), mais ils sont également inquiets pour leurs proches. Ce climat actuel renforce sans nul doute l’incertitude ou la frustration, la solitude et l’ennui chez des patients qui en temps normal ont peu d’étayage proche.  

A ce jour, on ne recense aucune prédominance de pathologie spécifique à risque de décompensation. Cela s’explique par le fait que ne nous sommes qu’au début du confinement et que nous sommes dans une démarche « pro-active » a appeler chacun de nos patients.  

Par contre si la situation se prolonge nous serons exposés à un nombre de cas d’épisode dépressif majeur et à des cas de stress post traumatique.  

Auriez-vous quelques conseils à donner aux personnes pour bien vivre cette période de confinement ? Surmonter les angoisses qui pourraient surgir ? 

Cette période de crise sanitaire, alliée à la nécessité du confinement, s’associe sans nul doute à des facteurs de stress et à une détresse émotionnelle forte. Voici quelques rappels de stratégies de maintien du bien-être que l’on peut apporter à la population générale :  

  • Répondre aux besoins fondamentaux : manger, boire, dormir 
  • Réduisez l’ennui et l’isolement : la planification d’activités peut aider à réduire l’ennui et diminuer les ruminations autour des symptômes  
  • Gardez le contact : Protégez et soutenez les autres. Se soutenir les uns les autres est bénéfique. Favorisez les nouvelles technologies (Whatsapp, messenger…) pour faciliter les échanges  
  • Développez l’entraide : s’ouvrir à ceux qui sont fragiles et dans le besoin.  
  • Limitez l’exposition aux médias : les images et les messages inquiétants augmentent le stress. Limitez l’exposition aux informations 1 à 2 fois par jour sur une durée limitée (pas plus de 30 minutes à chaque fois)  
  • Normalisez l’anxiété sans céder à la panique : pratiquer la cohérence cardiaque (application « Respirelax » ), pratiquer des exercices de respiration ou de méditation de pleine conscience (vidéos sur youtube de Christophe André par exemple)  
  • Auto-surveillance : décelez tout symptôme de dépression ou de stress (tristesse prolongée, troubles du sommeil)  

Et chez les plus jeunes, à quoi doit-on être attentif ? 

Dans cette période unique il faut pouvoir identifier le stress des enfants et adolescents. Il est important d’identifier les modifications de comportements en lien avec une modification émotionnelle, à savoir :  

  • L’apparition de pleurs ou une certaine irritabilité  
  • La présence d’énurésie ou d’encoprésie  
  • Une inquiétude excessive ou de la tristesse  
  • Des difficultés attentionnelles  
  • Des conduites d’évitements  
  • Une somatisation excessive (maux de tête ou des douleurs inexpliquées)   

Avez vous quelques conseils pour venir en aide à nos enfants et adolescents ?

  • Favoriser les temps d’échanges : Répondez aux questions de manière simple et compréhensible   
  • Conserver une routine quotidienne (se laver, se coucher, manger à heures régulières…)  
  • Consacrer des heures pour le travail scolaire mais aussi pour la détente (la nécessité d’un besoin de continuité pour leur apporter de la sécurité)  
  • Partagez avec eux vos stratégies pour faire face à votre propre stress, afin qu’ils apprennent de vous   
  • Limitez les médias 
  • Favoriser les contacts avec les amis et les membres de la famille via les supports médias

Qu’en est-il des personnels soignants et autres professionnels des établissements de santé ?   

Sur le plan collectif, un psychiatre et des psychologues passent régulièrement dans les services pour apporter du soutien, rappeler les bonnes pratiques, éviter la désinformation et appuyer la valeur de la fonction soignante. Des ateliers de médiation pourront également être mis en place (musicothérapie, relaxation….). Le but est d’éviter la contagion anxieuse et émotionnelle  

Sur le plan individuel : chaque professionnel peut solliciter un soutien psychologique et, si besoin, une consultation psychiatrique individuelle. Une plateforme nationale est également à leur disposition via un numéro vert ou une application sur smartphone ou tablette (plateforme de l’association « SPS »)  

Le mot d’ordre actuel est « la contenance » : contenance psychique pour nos patients, nos soignants et pour la population générale et une contenance que chaque parent doit instituer au sein des familles. 

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