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Coronavirus : il faut s'attendre à une mortalité importante dans les Ehpads

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Par , France Bleu Paris
France

Castrastophe sanitaire sans précédent dans les Ehpads, les porte-paroles de la santé parlent même d'hécatombe. Des centaines de personnes âgées meurent sous les yeux des soignants sous tension et non épargnés eux non plus par la contamination.

Photo d’illustration
Photo d’illustration © Maxppp - Guillaume BONNEFONT

La circulation du coronavirus s'accélère en France avec plus de 1.000 morts dans les hôpitaux, des centaines dans les Ehpad et un personnel soignant plus que jamais sous tension et non épargné par la contamination.

Certains, comme Antoine Perrin, Directeur général de la FEHAP (Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés non lucratifs) redoutent le décès de 100.000 personnes âgées si rien n’est fait. Interviewé par Mélodie Pépin, il était l'invité de la matinale de France Bleu Paris ce jeudi matin. 

Que faut-il faire pour éviter cette mortalité redoutée ?

Il faut maintenir et renforcer les mesures barrières pour protéger les personnes âgées. Elles sont isolées puisque les visites y sont interdites, les personnels des Ehpad se lavent les mains systématique et gardent une distance vis-à-vis des résidents mais cela ne suffit pas : ce qui manque cruellement, ce sont des masques pour les professionnels.

500.000 masques ont été commandés. Les avez-vous reçus ?  

Il y a eu un peu de retard à l’allumage, c’est en train de se faire, mais le nombre de masques est toujours insuffisant : on nous donne cinq masques seulement, par place, dans les Ehpad. Et ce que nous souhaitons, ce sont des masques systématiques pour tous les professionnels. Actuellement la doctrine est de porter des masques uniquement en présence d’un résident « avéré positif au Covid 10 ». Mais d’une part nous n’avons pas de tests, et cela ne se lit pas sur le visage d’un malade lorsqu’il est contaminé ou non. 

Vous pouvez avoir des personnes contaminées sans le savoir ?

En effet, et on peut avoir été contaminé sans le savoir. Les personnels soignants et accompagnants dans les Ehpad sont au contact quotidien avec les résidents. Nous demandons par conséquent à ce que tous les professionnels, en contact ou non avec un malade Covid 19, portent un masque. Cela signifie que chaque professionnel doit disposer de trois masques par jour.

Certains personnels soignants s’enferment dans les Ehpad pour mieux protéger les résidents, se protéger soi-même et ses proches. Est-cela bonne solution ? 

Je veux d’abord souligner à travers ce constat l’extrême engagement de nos professionnels. On a été très agréablement surpris de voir à quel point ils étaient déterminés, engagés dans des conditions difficiles. Ils font le maximum vis-à-vis de ces personnes. 

Cela peut-être une solution effectivement pour éviter que le virus ne pénètre à l’intérieur de l’établissement. Mais il faudrait d’autres mesures et en particulier celle de la diffusion des masques.

Lorsqu’un résident est malade, potentiellement contaminé, est-il transféré et pris en charge à l’hôpital ?

Cela dépend de la situation. Tout d’abord ce n’est pas parce qu’on est âgé que l’on a une forme grave de la contamination. On a beaucoup plus de risque de l’avoir, mais on peu avoir une forme mineure. Dans ce cas-là, la personne doit être confinée. Nous essayons d’organiser dans les Ephads des zones de confinement, de sorte que les personnes Covid positifs soient rassemblées en un lieu et ne contaminent pas les autres. Et si leur état de santé le permet, elles resteront dans la résidence. 

2è cas de figure : la personne effectivement est dans un état qui s’aggrave. Elle peut alors être transférée à l’hôpital.

Mais est-ce qu’on vous les prend ?

Cela dépend encore une fois. On nous les prend si on a des chances que la réanimation puisse servir à quelque chose et puisse les guérir. Mais il faut le reconnaître ce sont des personnes très âgées, des polypathologies dépendantes et parfois raisonnablement en toute éthique il faut savoir renoncer à la réanimation parce que ce n’est pas raisonnable.

Donc on les laisse mourir…

On les accompagne en « soin palliatif ». Je préfère ce termes-là, plutôt que de les laisser mourir, mais effectivement, ça aboutit à des soins palliatifs.

On leur parle sincèrement, comme on parle sincèrement aux familles. On est dans la transparence. On explique, avec tact, ce qu’il se passe. On ne peut pas, du fait de l’angoisse, cacher des informations. Et on prend soin d’accompagner les familles, de maintenir le lien grâce à Skype par exemple.

Certaines familles demandent à pouvoir prendre en charge leurs aînés à la maison. Est-ce envisageable ?

C’est très difficile. Parce qu’à partir du moment où une personne est Covid positif, cela signifie la sortir d’un établissement où elle est confinée et la laisser sortir à l’extérieur. Si la personne n’est pas contaminée, c’est aussi une situation compliquée. On fait au cas par cas. La règle est qu’à partir du moment où l’on est dans une institution, on y reste confiné.

Le personnel aussi s’inquiète puisque lui aussi exposé, et parfois contaminé. Craignez-vous de manquer de personnel ? Pouvez-vous les remplacer ? 

C’est une crainte, en effet. Pour le moment nous avons l’agréable surprise de voir à quel point nos salariés sont mobilisés et viennent travailler. Sauf bien sûr ceux qui sont malades. On a des soignants qui ont été malades, qui ne le sont plus et qui reviennent travailler. Mais effectivement, c’est extrêmement tendu et il faudra faire appel à des étudiants, à des retraités, à des professionnels qui ne travaillent pas. Je ne vous cache pas que cela m’inquiète dans la période qui va arriver.

Concernant l’aide à domicile, autre secteur que vous représentez et qui est aussi en première ligne. Souhaitez-vous lancer un appel ?

En effet ! L’aide à domicile est souvent un grand oublié. L’aide à domicile s’occupe souvent de patients atteints de polypathologies dépendantes qui peuvent rester chez eux grâce à ces professionnels qui les accompagnent au quotidien. Et nous demandons à ce que ces personnels là soient autant protégés que les autres, qu’ils puissent disposer de 3 masques par jour et par personne et que ces professionnels soient reconnus comme des professionnels du soin et de l’accompagnement à part entière.

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