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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : comment les autorités comptabilisent-elles les morts liées à l'épidémie ?

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Par , France Bleu

Selon le bilan communiqué mardi soir par les autorités, 1.331 personnes au moins sont mortes après avoir contracté le coronavirus en France. Mais ces décès en milieu hospitalier "ne représentent qu'une faible part de la mortalité" a reconnu le directeur général de la Santé.

Accueil des patients atteints du coronavirus Covid-19 (image d'illustration)
Accueil des patients atteints du coronavirus Covid-19 (image d'illustration) © Maxppp - BENOIT DOPPAGNE / POOL/EPA/Newscom

1.331 décès liés au coronavirus ont été enregistrés à l'hôpital a annoncé mercredi soir le directeur général de la Santé. Un bilan officiel inférieur à la réalité puisque ces décès en milieu hospitalier "ne représentent qu'une faible part de la mortalité" dans le pays, a admis le Pr Jérôme Salomon, évoquant la situation dramatique dans les Ehpad. 

Dépistages dans les centres hospitaliers

Pour l'heure, les chiffres communiqués quotidiennement par le ministère de la Santé prennent uniquement en compte les décès recensés dans les hôpitaux, qui transmettent les informations à Santé publique France via le logiciel SI-VIC (système d'information pour le suivi des victimes d’attentats et de situations sanitaires exceptionnelles).

Les hôpitaux ont reçu pour consigne de tester tous les patients présentant les symptômes du Covid-19. Mais les capacités de dépistage sont limitées à cause d'une pénurie de matériel ont dénoncé mardi une quinzaine d'organisations de médecins et biologistes médicaux. Actuellement 5.000 tests sont effectués chaque jour en France selon les autorités, hôpitaux et laboratoires compris. 

Est-ce suffisant pour recenser tous les patients hospitalisés qui meurent après avoir été infectés par le coronavirus ? Interrogée par franceinfo, la direction générale de la santé assure qu'"il y a un test systématique sur les personnes pour lesquelles il y a suspicion",  et que dans certaines circonstances, les tests peuvent être réalisés après le décès du patient : "Il peut y avoir une urgence hospitalière qui est prise en charge immédiatement, mais où le test n'a pas pu être réalisé auparavant. Dans ce cas-là, le test a lieu post mortem, mais à l'initiative du médecin".

Les décès en Ehpad pas encore comptabilisés

Alors que les Ehpad sont durement touchés par l'épidémie en dépit du confinement et que plusieurs dizaines de décès ont été signalés ces derniers jours partout en France, aucun chiffre officiel n'a encore été communiqué. Mardi soir, le directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon, a promis la mise en place d'un "suivi quotidien de la mortalité" dans les établissements pour personnes âgées, sans plus de précisions. Interrogée par l'AFP mercredi, la DGS précise qu'"une application" doit être opérationnelle "dans les prochains jours" afin de produire une estimation plus fiable du nombre de victimes, sur déclaration des médecins des établissements.

Selon le président de l'Association des médecins coordonnateurs en Ehpad, Gaël Durel, les "taux de mortalité" pourraient être "catastrophiques". Dans un courrier visant à alerter le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur les pénuries de masques dans les établissements, les principales fédérations du secteur (FHF, Fehap, Synerpa, AD-PA...) ont estimé que l'épidémie "pourrait se traduire par plus de 100.000 décès dans l'éventualité d'une généralisation que nous n'osons imaginer" mais "qui n'est cependant pas exclue, en l'état actuel de notre organisation."

Les personnels des maisons de retraite ont actuellement pour consigne de tester les deux premiers résidents qui présentent des symptômes. "A partir du second cas confirmé, toute personne présentant un état symptomatique ou proche est alors présumée infectée" détaille un document édité par le ministère de la Santé le 16 mars. A Thise, près de Besançon, où 12 résidents sont décédés depuis le dépistage des premiers cas le 5 mars, toutes les victimes présentaient les symptômes du coronavirus, mais "c'est difficile de savoir si ces décès sont liés (à l'épidémie) car, comme partout en France, on ne dépiste plus systématiquement les nouveaux cas", a confirmé un porte-parole de l'établissement à l'AFP.  

A Montbrison (Loire), à Sillingy (Haute-Savoie), à Brest (Finistère), à Paris, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche) ou encore à Lempdes (Puy-de-Dôme)... partout en France, des cas sont signalés, mais pour le moment il est impossible d'estimer combien d'établissements sont touchés dans le pays selon le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux. Pour limiter les risques de propagation du virus, certain.e.s salarié.e.s ont décidé de se confiner avec les résidents sur leur lieu de travail, comme dans cette maison de retraite de Lisieux (Normandie). En dépit de ces efforts, "ce sera pire que lors de la canicule de 2003" prédisent de nombreux professionnels à l'image de la CGT Santé en Aveyron.

Certains redoutent aussi une nouvelle hausse de la mortalité après la crise : "Pour moi, il y a un risque de comorbidité derrière, l’éventuelle grabatisation des résidents du fait qu’ils bougent moins" a expliqué Didier Fuchs directeur de l’Ehpad Bartischgut à Strasbourg à France Bleu Alsace

L'inconnue des morts à domicile

Ue dernière inconnue subsiste : les morts à domicile, recensées par les services de l'Etat civil. Pour l'heure rien ne permet de savoir si elles sont dues ou non à l'épidémie, les personnes présentant des symptômes du coronavirus étant invitées à rester confinées chez elles et à contacter les services d'urgence en cas d'aggravation.

Emmanuel Macron a promis mercredi de porter le nombre de tests de dépistage à 29.000 par jour, mais au vu des besoins actuels dans les hôpitaux et Ehpad, il est peu probable que cela soit suffisant pour réaliser des tests post-mortem sur les personnes décédées à leur domicile.

"Tous les décès sont systématiquement déclarés en mairie à l'Etat civil pour être ensuite confirmés, analysés par l'Insee mais aussi analysés par Santé publique France", a assuré le numéro deux du ministère de la Santé, Jérôme Salomon. En théorie donc, l'analyse de Santé publique France devrait permettre, à terme, d'estimer le nombre de victimes totales quel que soit le lieu de décès. Et "d'estimer l'excès de mortalité" dû au Covid-19 en comparant le nombre de décès attendus sur une période à celui observé pendant l'épidémie.

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