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Dossier : Coronavirus

Coronavirus-confinement : "J'ai peur de ramener le virus chez moi" témoigne une caissière landaise

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Par , France Bleu Gascogne

Elles sont sur le pont en ce moment, pour nous permettre d’avoir une vie quotidienne aussi normale que possible : les caissières des supermarchés. Et pourtant, elles doivent faire face à des clients parfois peu compatissants, et craignent pour leur santé et celle de leurs proches. Témoignage.

Les caissières des supermarchés se retrouvent en première ligne en cette période de confinement
Les caissières des supermarchés se retrouvent en première ligne en cette période de confinement © Radio France - FRANCOIS CORTADE

En cette période de confinement et d'épidémie de coronavirus, on salue, à juste titre, le travail des soignants, qui sont en première ligne pour combattre la maladie et tenter d'enrayer la pandémie. Mais de nombreuses autres professions se retrouvent aussi sur le pont, sans pouvoir se confiner à domicile : forces de l'ordre, chauffeurs routiers, auxiliaires de vie...et caissières de supermarchés.  

Ruée vers les produits de première nécessité

Sophie, par exemple, travaille au Carrefour Market de Saint-Sever. Dès les premiers jours du confinement, avec ses collègues, elle a dû faire face à un afflux de clients redoutant une pénurie de produits de première nécessité. "C'était à peine croyable" raconte-t-elle. "On pensait qu'il y aurait moins de monde que d'habitude, puisque les déplacements étaient censés être très limités, mais en fait les clients se sont rués pour faire des stocks. Ils ne respectaient pas la distance de sécurité d'un mètre, étaient beaucoup trop nombreux,ils faisaient exactement le contraire de ce qu'il faut faire pour empêcher la propagation du virus, c'était extrêmement angoissant pour nous, en tant qu'employés." 

"On a peur de contaminer nos proches"

Depuis, l'afflux de clients s'est calmé, mais l'angoisse est toujours là. Sophie va travailler la boule au ventre. "On a peur de le ramener chez nous, de contaminer nos proches. J'essaye de relativiser au maximum : on a des gants, on nous a installé des plaques de plexiglas pour éviter les contacts avec les clients, on a du gel hydroalcoolique. Mais il est impossible de tout désinfecter, on est toujours en contact avec quelque chose que l'on va ramener chez nous. Même en faisant très attention. Notre manteau, par exemple, peut être contaminé, on le remet quand on part du magasin pour rentrer chez nous. On ne peut pas le laver avant de repartir bosser l'après-midi ou le lendemain, c'est impossible. On n'a pas une machine à laver qui nous attend sur le pas de la porte, où l'on pourrait mettre tous les vêtements que l'on portait pendant notre travail, de façon à rentrer chez nous uniquement avec des affaires propres et désinfectées. Donc même en faisant le plus attention possible, en prenant toutes les précautions, il y a un risque que l'on ramène le virus chez nous, et c'est angoissant." 

Sophie a donc un message à faire passer : "S'il vous plait, ne vous déplacez que si vraiment vous en avez besoin, ne venez pas acheter votre journal et votre baguette tous les matins. Évitez de venir pour des petits achats. Si on peut limiter les risques en limitant les déplacements, il faut le faire au maximum. Faites le aussi pour nous."

"J'ai craqué"

En cette période compliquée, certains clients sont particulièrement prévenants, compatissants, encourageants. D'autres, au contraire, font preuve de comportement déplacés, pour ne pas dire odieux. "L'autre jour, j'ai craqué", confie Sophie. "J'étais à ma caisse, face à un client très énervé, très agacé. Avec mes gants, j'avais du mal à défaire mon rouleau de monnaie, à ouvrir ma caisse, il a été très désagréable. Il était probablement très angoissé par la situation, mais nous le sommes tous. Et nous, nous sommes là pour leur rendre service. _Ça a été la goutte d'eau, je me suis mise à pleurer, j'avais envie de partir_. Heureusement, un autre client, juste derrière, a lui été très compréhensif, il m'a remonté le moral, m'a dit que ce n'était pas grave de craquer, qu'il fallait que ça sorte, que ça irait mieux après. Sa gentillesse m'a fait chaud au cœur et m'a permis de tenir le coup."

"N'oubliez pas que nous vivons la même chose que vous" 

La jeune femme estime que les employés de la grande distribution manquent quelque peu de reconnaissance en cette période. "Nous sommes aussi mobilisés. Nous les hôtesses de caisse, mais aussi ceux qui font la mise en rayons, qui se lèvent très tôt pour désinfecter et réapprovisionner les rayonnages, mais aussi les livreurs, qui approvisionnent le magasin... _Toutes ces personnes, on n'en parle pas beaucoup_", regrette Sophie. "C'est bien d'applaudir les soignants, mais applaudissez aussi tous les travailleurs qui sont là pour vous donner un semblant de quotidien normal. C'est indiscutable, les soignants ont énormément de mérite, ils sont vraiment en première ligne et voient des choses très dures. Ils risquent leur vie. Mais c'est vrai que nous aussi on est là, on est souriant, on est à votre écoute, on discute, alors que ce n'est pas forcément évident pour nous. Alors s'il vous plait quand vous venez au magasin, n'oubliez pas que nous sommes des êtres humains, que nous aussi nous avons des familles, et que nous vivons exactement la même chose que vous."

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