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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : "On doit gommer nos propres angoisses" témoigne une infirmière libérale

Les soignants à domicile sont également sur le front face au coronavirus. Pourtant, depuis le début de l'épidémie, certains sont agressés, ou retrouvent leur voiture vandalisée par des individus qui veulent leur matériel ou leur caducée. Une infirmière bourguignonne nous raconte son quotidien.

Le caducée que les infirmiers déposent sur leur pare-brise n'est pas considéré comme une attestation de sortie par les forces de l'ordre en cette période de confinement
Le caducée que les infirmiers déposent sur leur pare-brise n'est pas considéré comme une attestation de sortie par les forces de l'ordre en cette période de confinement © Maxppp - PHOTOPQR/L'INDEPENDANT - CHRISTOPHE BARREAU

Les infirmières et infirmières à domicile aussi sont au premier plan face au coronavirus. Depuis le début de l'épidémie, des gestes de solidarité leur sont adressés, dans le même temps d'autres sont agressés ou retrouvent leur voiture vandalisée par des individus qui veulent leur voler leur matériel de protection. Une infirmière libérale bourguignonne qui préfère rester anonyme nous livre ses craintes et questionnements, depuis que le virus a bouleversé son quotidien. 

Plus de signe distinctif sur les voitures

Face à ces agressions, ce jeudi 26 mars, l'Union Régionale des professionnels de santé (URPS) a donc demandé aux infirmiers libéraux de retirer de leur véhicule tout signe pouvant l'identifier comme appartenant à un professionnel de santé. C'est notamment le cas du caducée habituellement posé sur le pare-brise. Certains tentent de les dérober, or, à ce jour ce document n'est pas accepté comme une attestation de sortie dérogatoire pour raison professionnelle par les forces de l'ordre. Il ne s'agit pas d'un laissez-passer.

18 masques par semaine et par infirmier maximum

Christine* n'a pas eu à faire face à ce genre de violences, en revanche une de ses collègues a été verbalement agressée par une passante qui voulait récupérer un masque de protection. "Il faut savoir que nous avons 18 masques par semaine et par infirmier, que le masque chirurgical qui nous est distribué sert à protéger les autres, mais pas nous directement," insiste-t-elle.

"Il est très important à ce stade la pandémie de protéger ces patients" - Christine*

De plus, les infirmiers ont pour consigne de pas distribuer ces masques, qui leur sont réservés en quantité limitée. "C'est parfois difficile d'expliquer que c'est pas que nous ne voulons pas les prêter, poursuit la soignante, mais que nous allons au domicile de patients qui sont pour la grande majorité fragiles, puisque nous leur prodiguons des soins chroniques ou aigus, et qu'il est très important à ce stade la pandémie de protéger ce public."

"On doit gommer notre inquiétude de ramener ce virus à la maison"

Depuis le début de l'épidémie, son quotidien est tendu. C'est une réelle organisation, elle doit surveiller la température de chaque patient et de son entourage. Tout désinfecter après chaque visite : son matériel, sa voiture, et ses portières ce qui demande beaucoup de temps. Cela a une incidence sur ses rapports avec les patients, "le relationnel est plus difficile parce que l'on doit respecter le moins de temps possible au chevet du malade. C'est pour ça que l'on a beaucoup de patients que l'on prend le temps de rappeler dans la journée pour savoir comment ils vont, comment ils se sentent et pour pouvoir gérer leurs angoisses à distance."  L'idée est de ne pas saturer les services médicaux d'appel d'urgence. 

Elle doit aussi essayer de cacher ses propres craintes, "le fait que l'on ne se sente pas très protégés au quotidien parce que l'on a peu de matériel, voir pas de matériel de protection. Essayer de gommer nos propres angoisses à nous : l'inquiétude de ramener ce virus à la maison, avec son mari et ses enfants confinés."  

  • Christine* remercie tous ceux qui ont donné du matériel de protection. 
  • Elle rappelle aussi que le gel hydroalcoolique a le même effet qu'un lavage de main au savon : "se laver les mains 30 secondes au savon est aussi efficace que le gel, qui est destiné aux soignants pour éviter de surcharger les points d'eau dans les hôpitaux par exemple." Ainsi, si vous en avez chez vous, n'hésitez pas faire appel aux professionnels de santé pour les donner. Ainsi qu'à tous ceux qui continuent de sortir pour faire vivre le pays : supermarchés ou chauffeurs de taxis. 

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*Le nom de la personne a été modifié dans cet article afin de garder son anonymat. 

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