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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : le chocolatier Stéphane Bonnat regrette d'être obligé d'ouvrir son magasin

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Par , France Bleu Isère

Le célèbre chocolatier voironnais aimerait pouvoir fermer boutique le temps de la pandémie. Il rappelle que le chocolat n'est pas une denrée de première nécessité. Il est l'invité de France Bleu Isère ce mardi.

Stéphane Bonnat, photo de profil Facebook
Stéphane Bonnat, photo de profil Facebook - Stéphane Bonnat

Pas de trêve des confiseurs pendant la pandémie de coronavirus. Les chocolateries sont considérées comme des commerces alimentaires et leurs propriétaires sont donc tenus d'ouvrir leur boutique sous peine de risquer ensuite de ne pas pouvoir bénéficier des mesures gouvernementales d'accompagnement. Une situation que dénonce le chocolatier voironnais Stéphane Bonnat, invité de France Bleu Isère. 

Le chocolatier voironnais Stéphane Bonnat est l'invité de France Bleu Isère

Avez vous eu une explication sur cette obligation d'ouvrir qui vous tombe dessus ? 

Pas d'explication officielle, mais à mon avis cela s'explique par le fait qu'il n'y a pas de distinction faite entre les chocolatiers industriels et les artisans dont je fais partie. Or les industriels ne peuvent pas stopper leurs lignes de production sans mettre en place des "process" très longs et pour les remettre en route cela prendrait deux à trois semaines. En outre les industriels fournissent les supermarchés qui eux restent logiquement ouverts. Du coup, nous, comme on n'est que six ou sept en France à être artisans et à transformer nous même le cacao, on est mis dans le même panier et on est obligés, nous aussi, de poursuivre notre activité. Sauf que notre dimension n'est pas du tout la même.  

Comment vous organisez-vous depuis le début du confinement ?

Le magasin de Voiron est ouvert une heure et demi chaque matin et niveau production on tourne au ralenti. Nous avons trois salariés seulement qui viennent surveiller la production, ce qui au sein des 3000 mètres carrés de la chocolaterie nous permet d'être éloignés les uns des autres... De toutes façons nous apportons depuis toujours un soin maniaque à l'hygiène, avec des analyses bactériologiques très poussées et très fréquentes, et du coup on a donné énormément de gants, de masques de charlottes, etc... Par contre nous avons désormais des soucis d'approvisionnement de matière première car nous ne pouvons pas stocker nos cacaos à Voiron faute de place. Ces cacaos sont stockés à Amsterdam, parce qu’ils arrivent vers ces ports depuis les zones équatoriales et sont stockés dans des endroits très spécifiques avec des températures dirigées et des moyens de protection très sophistiqués. Les Pays-Bas ont été les premiers à fermer les frontières, les cacaos sont bloqués là-bas car, logiquement, ils ne sont pas jugés comme matière première nécessaire à la survie de l'humanité, et ici en Isère, on se retrouve le bec dans l'eau.  Et nous allons bientôt devoir cesser la production ce qui n'est pas plus mal.

Pourquoi dites-vous cela ?

En fait ce que nous craignons c'est, dans un mois ou plus, de ne pas pouvoir bénéficier des mesures d'accompagnement que le gouvernement a promis parce que nous aurions ouverts trop, ou pas assez, ou pas comme il faut.

Dans moins de deux semaines c'est Pâques, comment allez-vous faire ?

On ne fera pas ou si peu. Autant on peut envoyer une tablette de chocolat par la Poste, autant envoyer un moulage, c'est juste impossible. Là on est dans une situation jamais connue. Et puis on ne souhaite pas non plus voir une tripotée de clients se déplacer dans le magasin pour acheter du chocolat et risquer de se contaminer. Le chocolat est sans doute nécessaire pour garder le sourire mais pas au point de risquer sa vie non plus. Mais c'est dur de le dire ainsi pour un chocolatier. 

Pâques c'est 25% de notre activité annuelle, donc ce n’est pas rien pour l'entreprise, pour les salariés. Du coup on joue un jeu dangereux sur deux tableaux. Soit on accepte d'avoir un flot de clients et on prend des risques pour leur santé, soit on refuse de travailler et on met l'entreprise, aussi historique soit-elle, dans un grave péril. C'est très compliqué. Mais le message le plus sage selon moi c'est : restez chez vous, on mangera du chocolat plus tard, on fera une grande fête quand tout ceci sera fini. 

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