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Coronavirus et confinement : "On nous a dit qu'on ne pourrait pas assister aux obsèques"

Le confinement face à la pandémie de coronavirus empoisonne le deuil des familles qui perdent un proche pendant cette période de restriction. Seul le cercle familial très restreint assiste aux funérailles. Si elles n'ont pas lieu trop loin.

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Illustration © Maxppp - Emmanuel Grondin

Alexandre, qui vit à Chambéry, a perdu sa grand-mère de 87 ans jeudi dernier. Elle était malade depuis quelques mois, et vivait dans une maison médicalisée dans le nord de la France. Elle sera enterrée ce mardi. "On nous a dit que les déplacements n'étaient pas possibles, qu'on ne pourrait pas assister aux obsèques" explique-t-il. Dur à encaisser. Et les jours précédant le décès n'ont pas été plus simples. Même son père - le fils de la défunte - n'a pas pu aller la voir. "Comme elle était en maison médicalisée, c'était interdit à toute personne extérieure. Donc elle est décédée toute seule". Les obsèques ont lieu mardi, Alexandre ne sait pas s'il y aura quelqu'un présent. Sa famille et lui ont décidé qu'une fois la période de confinement terminée, ils rendront hommage d'une autre manière à sa grand-mère.

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Dans la pratique, seul un cercle familial très restreint peut être présent

Mais c'est beaucoup plus simple lorsque le défunt et sa famille vivent dans la même commune. Même si là aussi des restrictions viennent empoisonner les deuils. "On est entre le marteau et l'enclume" explique Christophe Neveux, qui dirige les Pompes funèbres générales en Haute-Savoie, "parce qu'on se doit d'appliquer les directives de l'Etat, et puis on a de l'autre côté des familles qui traversent quelque chose d'ultra-compliqué, qui n'ont pas toutes leurs facultés de compréhension, de patience, d'écoute".  Le Premier ministre l'avait dit : même pour les enterrements, "nous ne devons pas déroger à la règle qui a été fixée." Dans la pratique, depuis le début du confinement et jusqu'à maintenant, quelqu'un qui perd l'un de ses parents, ou son frère, parvient à  assister à l'enterrement, si toutefois il ne lui faut pas traverser la France. "Le cercle proche peut être présent évidemment" mais "les amis, les collègues de travail, la famille éloignée ne sont plus du tout conviés" raconte Christophe Neveux. Et si la famille est trop importante, les petits-enfants ne pourront pas venir. "Et on restreint les accès dans les espaces confinés, comme les chambres funéraires, avant la fermeture du cercueil. On restreint l'accès à cinq personnes pour pouvoir respecter le mètre de distance" entre elles. 

Des cérémonies contrariées

Quant aux cérémonies, "les crématoriums n'accueillent plus du tout de public" et "pour les paroisses, certaines ont fermé leurs portes complètement pour éviter tout recueillement" poursuit Christophe Neveux, "des bénédictions peuvent avoir lieu directement au cimetière. D'autres nous laisse encore accéder à une église, faire des hommages religieux en confinant au maximum une vingtaine de personnes séparées d'un mètre, ou une chaise entre deux à chaque fois". Autrement dit du cas par cas, selon les paroisses ou les communes. Et au rythme des mesures de restriction : les premiers jours du confinement, le déroulé des funérailles a dû être modifié à plusieurs reprises pour respecter les nouvelles consignes, "très compliqué à vivre pour les familles".

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