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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus et crise économique : les associations d'aide alimentaire plus que jamais sur le pont en Isère

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Par , France Bleu Isère

Croix-Rouge, Restos du Coeur, Secours populaire, ces 3 associations viennent en aide à ceux et celles qui ont du mal à se nourrir. Et avec la crise économique qui suit la crise sanitaire du coronavirus, elles sont très sollicitées. C'est aussi le cas en Isère.

Distribution, mardi dernier, à La Tour-du-in, à La Croix-Rouge et au Secours populaire.
Distribution, mardi dernier, à La Tour-du-in, à La Croix-Rouge et au Secours populaire. © Radio France - Célne Loizeau

Le confinement de quasi deux mois décidé pour lutter contre le coronavirus aura mis à mal de nombreux pans de notre économie. Marius, bénéficiaire de La Croix-Rouge de La Tour-du-Pin depuis quelques mois, explique qu'il réussissait avant le confinement à avoir des contrats. "Les agences d'intérim m'appelaient, m'envoyaient des e-mails. Avec le confinement, plus rien", explique-t-il. Et pour l'instant, pas l'ombre d'un CDD. Il sait qu'il ne pourra pas de sitôt se passer de l'aide de l'association. 

Des contrats revus à la baisse, qui prennent fin brutalement et sans signe de reprise malgré le déconfinement, ce sont ces histoires que rencontrent très souvent en ce moment les associations.

Des associations qui ont poursuivi leur distribution en les adaptant pour faire respecter les gestes barrières : plus possible de toucher les produits, plus possible non plus de rester longtemps pour papoter avec les bénévoles. Le système de "drive" est la règle. 

La Croix-Rouge

A La Croix-Rouge de l'Isère, on explique que ces dernières semaines, la fréquentation des sites qui font de l'aide alimentaire a été multipliée par deux en Nord-Isère, à l'exception du site de La Tour-du-Pin. La hausse est un peu plus forte à Voiron, mais moins marquée dans l'agglomération grenobloise.

A La Tour-du-Pin, la responsable Christiane Aimonetti, explique aider 230 personnes, comme avant. "Car on a des personnes de La Tour-du-Pin, des Abrets et ces deux mairies ont mis en place des colis solidaires", indique-t-elle. Des personnes que l'association ne voit plus, ou moins régulièrement, tant que ces systèmes existent. L'asso a aidé pendant le confinement quelques commerçants, sans revenus, avec la fermeture imposée de leur boutique.

Christiane Aimonetti s'interroge sur la suite, les semaines à venir, l'arrivée de bénéficiaires supplémentaires. Pour l'instant, l'asso fait face en s'approvisionnant via la Banque alimentaire. Elle peut compter sur les dons des restaurants routiers et de quelques producteurs locaux qui n'arrivent pas à écouler leurs marchandises. "On récupère ainsi souvent des salades."

Les secouristes de l'association, privés aujourd'hui des formations et de nombreux postes de secours sur des concerts, des événements sportifs annulés, sont là pour épauler lors des distributions.

Mais l'arrêt de ces activités chez les secouristes, en plus de la mise en sommeil de la vesti'boutique et du salon de coiffure solidaire, prive cette union locale de ressources importantes. Un manque à gagner de plusieurs milliers d'euros que la présidente aimerait bien ne pas voir s'aggraver d'autant que La Croix-Rouge des Vallons de l'Isère venait de recevoir sa nouvelle ambulance. 

En début de semaine dernière, elle a écrit aux élus locaux des 54 communes de son secteur en espérant obtenir ce qui s'est fait en pays berjallien. Une aide d'urgence a été débloquée par la Capi pour plusieurs associations. 

Jeudi soir, le conseil municipal de La Tour-du-Pin a décidé d'une subvention exceptionnelle de 5.000 euros pour cette asso ainsi que le Secours populaire et les Restos.

Les Restos du Cœur

A l'échelle départementale, le nombre de nouveaux inscrits progresse de 20% ces dernières semaines aux Restos du Cœur. Mais, comme certains bénéficiaires ne viennent plus, sans doute par crainte de sortir, des contacts, pas de surpopulation dans l'ensemble.

A La Tour-du-Pin, le responsable Fred Piccarreta le confirme. La distribution a lieu tous les jeudis et le 21, en plus des paniers donnés aux bénéficiaires réguliers (environ 570 personnes et une dizaine de bébés), l'association a distribué une quarantaine de colis d'urgence.

"Pendant le confinement, on a dépanné des personnes qui attendaient que leur situation soit débloquée administrativement, qu'elle soit régularisée. Des personnes qui attendaient une réponse pour avoir le RSA, pour revoir leurs droits au chômage.... Et on a beaucoup de personnes qui avaient des petits boulots, des contrats qui se sont arrêtés du jour au lendemain. On a ainsi eu plusieurs femmes de ménage qui travaillaient dans des hôtels, mais ils sont fermés. Ce sont des profils qu'on avait pas avant."

Et Fred Piccarreta dit craindre septembre : "si vraiment, il y a une explosion du chômage, une crise sociale qui est importante, alors là... Il faudra qu'on assume." Il évoque l'organisations d'événements. Côté bénévoles, heureusement, pas de souci, les bras et l'écoute bienveillante ne manquent pas.

A Grenoble, un nouveau lieu de distribution alimentaire est en place depuis mi-mai et ce jusqu’à fin  juillet. Le local, prêté par le C.C.A.S se situe 43 avenue Marcellin-Berthelot (tram A arrêt Malherbe ou MC2). Les distributions se font les mardis, jeudis et vendredis de 10h à 13h sur rendez-vous et sous forme de drive. Un distribution le lundi est aussi organisée, mais là tous les 15 jours (semaines impaires) de 10h à 13h pour les bébés de 0 à 12 mois.

Le Secours populaire

A l'échelle départementale, le Secours populaire indique avoir aidé 5.700 personnes de plus pendant le confinement; 5.000 de plus que d'habitude depuis le 11 mai et le déconfinement.

En pays berjallien, le responsable du comité des Portes de l'Isère, c'est Jean-Michel Monnet-Paquete, qui a vu le nombre de personnes accueillies augmenter chaque semaine. "Les cas que l'on rencontre le plus en ce moment, ce sont des contrats précaires qui ont pris fin." 

Il y aussi des familles dont les enfants ne pouvaient plus manger à la cantine avec la fermeture des établissements. Situation qui perdure car même si l'école a pu reprendre partiellement, toutes les cantines n'ont pas rouvertes.  "C'est ce que les gens nous disent, avoir les enfants à la cantine, c'était un souci en moins pour eux", précise-t-il. Le tarif de la cantine étant fixé en fonction du quotient familial avec des repas du coup à petit prix.

Pour l'instant, cette association, comme les autres, fait face. "On avait eu de bonnes collectes début février. Et on a beaucoup de dons", fait remarquer Jean-Michel Monnet-Paquet. L'asso a vu d'autres l'aider pendant le confinement en assurant à sa place des collectes dans certains magasins : c'est le cas de l'union de quartier de Pré-Bénit, de l'asso Anim'Montbernier à Bourgoin-Jallieu ou encore de 3 assos de Demptézieu. "Et d'autres sont sur les rangs", se félicite-t-il.

Le Secours populaire a aussi recruté des bénévoles "maison" pendant ce confinement. Des personnes qui étaient au chômage partiel, par exemple. Et là encore, satisfaction, beaucoup font le choix de continuer à donner de leur temps malgré leur retour au travail.

Comme la Croix-Rouge de la Tour-du-Pin, le comité Portes des Alpes du Secours pop' est confronté à des revenus en moins : "on ne peut pas organiser de braderies, par exemple. Pour l'instant, il nous manque au moins 10.000 euros sur un budget annuel de 45.000." Alors forcément, l'association va plus que limiter ses dépenses.

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