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Dossier : Coronavirus

Coronavirus et prison : comment éviter la propagation du virus dans les établissements de la région ?

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Par , France Bleu Isère

Des masques pour tous les personnels aux contacts de détenus, des mesures de confinement pour les nouveaux détenus, des sorties en petits groupes sur les coursives, la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire multiplie les mesures pour lutter contre le coronavirus dans les prisons.

Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier
Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier © Radio France - Nina Valette

Il y a 19 établissements pénitentiaires en Auvergne-Rhône-Alpes pour plus de 6200 détenus. Deux établissements sont situés en Isère, l'un à Varces, l'autre à Saint Quentin Fallavier. Comment éviter la propagation du virus dans ces univers clos ? Les personnels sont-ils suffisamment protégés ? Pour répondre à ces questions, le directeur interrégional des services pénitentiaires en Auvergne-Rhône-Alpes Stéphane Scotto est l'invité de France Bleu Isère ce mercredi matin.

Le directeur inter-régional de l'administration pénitentiaire en Auvergne Rhône-Alpes joint par france Bleu Isère

Quelle est la situation sanitaire dans les prisons de notre région ?

Au moment où je m'adresse à vous, nous constatons trois détenus testés positivement au Covid-19 sur quelques 6209 personnes détenues dans les dix-neuf établissements de notre ressort de la direction interrégionale basée à Lyon. Et pour ce qui est des personnels, nous avons deux surveillants testés positivement sur quelques 4000 personnels. L'épidémie est donc contenue mais le principe de base reste la prudence. Les personnels malades sont confinés à domicile. Les détenus malades sont confinés dans un secteur des établissements, dissocié des autres bâtiments et à l'écart des autres détenus. Il en est de même, par précaution, pour tout nouveau détenu qui observe une période de "quatorzaine" avant d'être placé avec les autres détenus.

On a entendu il y a quelques jours les syndicats de personnels pénitentiaires réclamer des masques pour les surveillants, avez vous reçus ces masques ?

Alors nous avions en nombre suffisant des masques pour tous les personnels qui étaient en contact avec des détenus malades ou potentiellement malades. Depuis samedi dernier, la doctrine a changé, désormais nous avons des masques pour tous les personnels en contact avec des détenus. Tous les personnels en sont dotés à leur prise de service. Nous avons des masques en nombre suffisant.

De manière très concrète comment applique-t-on les gestes barrières avec les détenus lors des promenades ? 

On fractionne en petits groupes les sorties. C'est à dire qu'on ne met pas tout un étage sur la coursive, mais on fait sortir les détenus par petits groupes, lesquels se retrouvent ensuite tous dans la cour, mais toutes nos cours sont assez grandes pour respecter les gestes barrières à condition que les détenus se mettent aussi dans les dispositions d'esprit de les respecter.

Et comment fait-on respecter les gestes barrières quand on vit à trois dans une cellule ?

J'ai envie de vous répondre : comme vous faites chez vous à domicile. Lorsqu'on est à domicile on n'est pas nécessairement à distance des autres occupants du domicile. L'entité de la cellule ne doit pas être considérée comme le lieu où on respecte les mesures barrières.

La ministre de la justice a annoncé des libérations anticipées pour lutter contre la surpopulation en prison qui peut aggraver la contagion, ressentez-vous ces mesures dans vos établissements ? 

Absolument !  Si on compare la population carcérale dans la région entre le 17 mars et aujourd'hui, ce sont 557 détenus qui ont bénéficié de libération anticipée, d’aménagement de peines ou encore d'assignations à résidence, ce qui est nettement plus que la normale.

Il y a quelques jours il y a eu des incidents, on n'ira pas jusqu'à parler de mutinerie, mais disons des tensions à Saint Quentin Fallavier en lien justement avec le coronavirus, qu'en-est-il ? Le calme est-il-revenu ? 

Il y a quelques jours, en effet, nous avons recensé des incidents, nous y avons répondu de manière disciplinaire avec l'intervention des personnels adéquats (les équipes régionales d'intervention et de sécurité) mais la force seule ne suffit pas, l'explication est indispensable. Et sur cet établissement, il y a eu des actions d'explications pour faire en sorte que chacun prenne sa part, personnels et détenus, dans la lutte contre la propagation du virus.

A Varces, on constatait quelque 160% d'occupation de l'établissement en juin dernier. Y-a-t-il une vigilance particulière dans les établissements de ce type où la surpopulation est une réalité ?

La vigilance nous l'avons partout, parce que les mesures de réduction des activités pour mieux respecter les gestes barrières, ces mesures peuvent générer de la tension. Nous sommes attentifs partout, à fortiori là où il y a une "sur-occupation". Mais je constate que cette "sur- occupation" est en train de baisser et en même temps que je salue l'engagement des personnels pénitentiaires, je remercie les autorités judiciaires qui se sont mobilisées pour permettre cette décrue des effectifs.

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