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Coronavirus : "je suis un miraculé", guéris du Covid-19, ils racontent leur parcours

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En Auvergne-Rhône-Alpes, 4.671 patients ont vaincu le Covid-19 et ont pu rentrer chez eux, selon le dernier bilan de l'ARS, ce 26 avril. Certains d'entre eux ont accepté de nous raconter cette épreuve : l'hôpital, la peur de mourir, les difficultés à respirer et la lente route vers la guérison.

Des rescapés du Covid-19 racontent l'expérience de la maladie Des rescapés du Covid-19 racontent l'expérience de la maladie
Des rescapés du Covid-19 racontent l'expérience de la maladie - Hôpital de Valence

"C'est compliqué d'admettre que je suis guéri, parce que cela voudrait dire que je vais mieux et ce n'est pas le cas". Cela fait déjà plus de quinze jours que Richard Cuer est rentré chez lui, à Privas. Mais l'Ardéchois de 50 ans doit maintenant mener un deuxième combat contre le virus, moins tangible, mais tout aussi difficile. "Le Covid, je le vis comme un traumatisme psychologique", avoue le père de famille. Il a été soigné au centre hospitalier de Privas et fait partie des 623 personnes guéries du Covid-19 après avoir été hospitalisées*****, en Drôme-Ardèche.

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Frôler la mort

Dans la tête de Richard, les souvenirs de l'hospitalisation sont intacts, indélébiles. "Les ambulanciers sont venus me chercher en tenue de cosmonaute, c'était un peu effrayant. Et ensuite tout s'enchaîne : on est à la fois acteur et spectateur... J'avais l'impression d'être dans un film. A l'hôpital, vous êtes entouré de personnes qui ne vont vraiment pas bien, qui respirent mal. Et vous ne savez pas si vous vous dirigez vers la mort ou vers la vie." Richard se souvient aussi des résultats de son premier scanner et la découverte de lésions dans ses poumons, "un moment très dur", surtout lorsqu'on ne s'y attend pas. Il s'est battu pendant trois semaines à l'hôpital pour venir à bout du virus. Une lutte difficile, qui a laissé des traces. "Je m'aperçois qu'il me faudra du temps pour retrouver une vie normale. J'ai beaucoup d'envies, mais lorsque je mets le contact, le moteur ne démarre pas. Il faut que mon corps se remette en service", illustre Richard. 

Dans son appartement, il multiplie les exercices de rééducation, notamment pour retrouver du souffle, à l'aide d'une paille et d'une verre d'eau. Les difficultés respiratoires ont déclenché des angoisses. "Le souffle, c'est la vie, alors quand on ne sait plus respirer normalement, on se pose mille questions", détaille-t-il.

"Je me suis mis face au mistral pour essayer de respirer"

Franck Bernard lui va beaucoup mieux. Il a été infecté en mars et a connu deux semaines de galère, avec un bref passage à l'hôpital de Valence. Désormais pour lui, le Covid-19 "c'est du passé". Mais comme Richard, cet Ardéchois de 51 ans reste marqué par l'expérience de la maladie. Le plus dur, c'était de ne plus réussir à respirer. "J'ouvrais grand la bouche pour avaler un maximum d'oxygène mais l'air n'arrivait jusqu'aux poumons. Il fallait prendre une autre respiration... Un jour, je me suis même mis dehors face au mistral pour essayer de respirer, mais rien n'y faisait. C'était très angoissant". 

Jacques Zerbib, 77 ans, a lui aussi connu des difficultés respiratoires et a été hospitalisé à Privas. S'il n'a pas eu peur de la mort, il mesure aujourd'hui sa chance d'être encore en vie. "Je suis un miraculé, j'ai passé deux semaines à l'hôpital, couché, je ne pouvais pas me lever. J'aurais pu y rester", admet-il. Il a perdu quelques kilos et du muscle, alors il tente de réparer les dégâts. "Je fais du vélo d'appartement, mais à mon âge ce n'est pas facile de reprendre cinq kilos de muscles ! Je me sens encore faible. J'ai même eu du mal à sortir mon citronnier dans le jardin", raconte le retraité. Après l'exploit du citronnier, Jacques s'est fixé un nouvel objectif... Dès que cela sera autorisé, il organisera des soirées avec ses amis, jusqu'à 4h du matin, "au moins".

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selon les chiffres de l'Agence régionale de santé, publiés dimanche 26 avril.

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